Alors qu’Apple annonçait il y a quelques jours la sortie de son iPhone 11, le monde de la sécurité analysait en détails les révélations des équipes de Google Project Zero concernant une campagne de hacking ciblant à distance ces mêmes équipements mobiles d’Apple.

Cette annonce sonne comme un rappel à tous ceux qui croyaient encore qu’il y avait un monde vulnérable : celui d’Androïd, et un autre sécurisé : celui d’IOS…




Par Philippe RONDEL, Senior Security Architect, Check Point Software Technologies




Et comme si ce signal ne suffisait pas pour faire tomber ce mythe, à peu près au même moment la célèbre liste de prix de l’entreprise controversée Zerodium, qui achète aux hackers des vulnérabilités inconnues, ne plaçait plus les exploits d’IOS tout en haut comme le Saint Graal, mais les remplaçait par les exploits FCP Zero pour Androïd (jusqu’à 2,5 M$).

Et même si il existe un tas de raisons, autre que la difficulté ou la rareté pour justifier ce « classement », cela montre une fois de plus qu’il n’y a pas 2 mondes séparés, dont un invulnérable comme certains aimaient à le penser.


Apple n’est pas plus à l’abri que Google

La sophistication de la campagne d’infection détaillée par Google ne laisse que peu de doutes sur le fait que celle-ci soit orchestrée par un groupe étatique.

Il est à noter que ce seul et même groupe de hackers avaient déjà développé 5 stratégies différentes leur permettant d’infiltrer à distance toutes les versions d’IOS à partir de la version 10, et ceci simplement en se connectant sur des sites web contaminés sans intervention d’utilisateur.

Bien entendu, la conception d’IOS et surtout son écosystème, que certains diront fermé ou pour le moins contrôlé, limite la surface d’attaque et Apple tente de maintenir une chaîne de confiance de bout en bout qui va dans le sens d’une plus grande sécurité.

Nous prendrons ici comme exemple, l’impossibilité pour un utilisateur d’Iphone non-jailbraiké d’installer une application qui ne proviendrait pas du store officiel Apple et qui donc, ne serait pas passée entre les analyses assez poussées de celui-ci.

Mais penser que ce système est inviolable est un leurre qui fait prendre des risques à de nombreuse organisations.

Par le passé, nous avions déjà pu constater que cette chaîne de confiance n’était pas sans failles. En effet un projet open-source appelé JSPatch, pouvait permettre aux développeurs malveillants de contourner le processus strict d’examen des applications d’Apple et d’accéder aux fonctions iOS restreintes.


La faille des SIM…

Tout dernièrement un autre type d’attaque sur smartphone a été révélée. Baptisée « Simjacker », cette faille dans certaines cartes SIM permet de prendre le contrôle d’un téléphone portable par l’envoi d’un simple SMS « caché ».

La fiction du film Kingsman rendant le monde agressif par le biais de cartes SIM deviendrait-elle réalité ? On peut se le demander car cette nouvelle attaque pourrait potentiellement toucher un milliard d’abonnés…

Tout ceci pour rappeler qu’aucun système n’est invulnérable et que comme ces outils mobiles que sont les smartphones ou les tablettes font partie intégrante de presque tous les systèmes d’information, il n’est plus permis, en 2019, de penser qu’il n’est pas nécessaire de prendre en compte la cyber-sécurité de tel ou tel équipement…




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