Si le concept de collaboration au travail n’est pas nouveau, il renaît à la faveur de l’émergence de la nouvelle économie et de ses acteurs : GAFA, licornes et autres start-ups.

Une récente étude fait l’état des lieux des nouvelles pratiques et standards observés dans les entreprises d’aujourd’hui…

 

 

La collaboration n’est pas un concept nouveau. Cela fait 15 ans que sa courbe Google Trends oscille légèrement mais conserve la même dynamique.

D’abord utilisé dans le champ de l’apprentissage, le mot « collaboration » connaît – à la faveur de l’émergence de l’économie numérique – une renaissance certaine.

Pour faire le point sur le sujet, FABERNOVEL INSTITUTE et BAP viennent de publier les résultats d’une étude sur la collaboration au travail réalisée auprès de 50 entreprises françaises et internationales*[1] entre février et avril 2018.

 

Non, la collaboration n’est pas réservée aux Millenials

98% des plus de 35 ans disent préférer travailler en équipe contre 80% pour les moins de 35 ans.

Les environnements de travail propices à la collaboration sont cependant mal distribués : 95% des employés issus des start-ups évaluent positivement la capacité de leurs équipes à collaborer, alors qu’ils ne sont que 27% dans ce cas pour les grandes entreprises.

Pourtant, l’étude montre que la révolution numérique a fait du chemin dans les grandes organisations : 54% des personnes interrogées aimeraient collaborer plus souvent.

Et des mots tels que Scrum, digitalnomades ou encore squad ne sont plus des inconnus, ils sont mêmes devenus indispensables tant est acquise désormais la célèbre phrase de Peter Drucker*: « Culture eats strategy for breakfast ».

 

 

4 axes stratégiques à suivre pour emmener ses équipes dans la nouvelle économie :

 

Axe numéro 1 – Disrupter les organisations pour donner de la flexibilité.

L’étude révèle que plus de 30% des employés, en grande majorité issus des grands groupes, sont habitués à des équipes projet de plus de 7 personnes. 14% disent même travailler dans des équipes projet de 11 personnes. Pourtant, la plupart des répondants (54%) estiment que la taille idéale d’une équipe est entre 4 et 6 personnes.

La première étape consiste à se saisir des nouveaux modèles organisationnels à l’échelle de l’entreprise afin de rester innovant et agile et de donner aux équipes plus de flexibilité et d’autonomie.

Ces nouveaux modèles – squad, organisation distribuée ou encore holacratie – ont en commun d’organiser les équipes autour du travail à produire, à la différence de l’organisation souvent figée des structures traditionnelles.

 

Axe numéro 2 – Repenser les espaces en fonction des besoins.

L’espace architectural est un des véhicules de la culture d’entreprise et reflète souvent son organisation : les équipes divisées par département travaillent dans des espaces différents, avec peu de variation au niveau de l’installation, et les bureaux individuels sont réservés pour les managers et les directeurs.

Or favoriser la collaboration, c’est repenser ses espaces de travail en fonction des besoins de ses collaborateurs : le Flex office, le télétravail et les espaces de coworking permettent de fluidifier la communication et de créer des synergies grâce à de nouvelles rencontres.

Le travail à distance est compatible avec la collaboration pour 93% des personnes interrogées.

 

Axe numéro 3 – Avant d’adopter des outils, réfléchir aux usages.

Un autre axe consiste à identifier l’usage des outils collaboratifs au sein de l’entreprise.

Bien que 88% des répondants aient l’accès à des messageries instantanées et à des réseaux sociaux d’entreprise, l’email reste à 51% l’outil principal pour échanger de l’information dans le cadre professionnel.

De nouveaux outils dédiés à la collaboration intègrent des logiciels de gestion de projet (Slack, Yammer, Workplace by Facebook) ainsi que les principes des méthodologies agiles (Trello et Azendoo) afin de favoriser de nouveaux usages en fonction des besoins.

Les nouvelles méthodes de travail telles que  le Design Thinking, le Lean Startup ou le Scrum, intègrent la collaboration à de différentes étapes du projet.

 

Axe numéro 4 – Garder les yeux ouverts grâce à la mobilité.

La dernière recommandation de l’étude concerne la mobilité des talents.

La note attribuée à son entreprise pour sa capacité à collaborer décroît avec l’ancienneté dans cette même entreprise : elle tombe à 2,95 / 5 pour les collaborateurs qui ont passé plus de 10 ans dans une même structure.

Changer régulièrement de structure permet de se nourrir de nouveaux modes de fonctionnement et de travailler avec des personnes différentes aux parcours variés.

Favoriser la mobilité interne, organiser une learning expedition, travailler en collaboration avec des nomades digitaux à travers le monde permet de réinventer ses objectifs, questionner ses certitudes, de s’inspirer de la manière dont les autres travaillent, et d’insuffler un nouvel esprit dans son propre groupe.

 

Conclusion : Créer des lieux d’innovation pour faire émerger la collaboration.

60% des personnes interrogées dans les grands groupes ont un programme dédié à l’innovation : incubateur, programme d’intrapreneuriat, espaces d’échange avec des start-ups…

Même ceux qui n’y contribuent pas régulièrement estiment à 85% que cette initiative a une influence positive sur la collaboration au sein de l’entreprise.

Le passage à l’échelle est sans doute la prochaine étape clé de la transformation des organisations…

 

Les résultats complets de l’étude sont disponibles ici.

 

 

 


Méthodologie

Dans le cadre de cette étude, FABERNOVEL INSTITUTE et BAP ont interrogé plus de 50 entreprises françaises et internationales. L’enquête s’est déroulée de Février à Mars 2018 et a couvert huit secteurs : Transports, Luxe, Produits de consommation, Banque et assurance, Conseil, Publicité, Retail et Télécommunications.

[1] 37% grandes entreprises, 32% de PME, 17% Startups, 8% organisations publiques, 6% autres

[2] Peter Drucker est un professeur, consultant américain en management d’entreprise auteur et théoricien du début du XXème siècle.

 

 

 

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