Stress au travail : les salariés préfèrent se confier aux robots…

2020 est perçue comme l’année la plus stressante de l’histoire selon les salariés du monde entier et nombreux sont ceux qui sont prêts à s’appuyer sur le soutien de robots pour y faire face.



82% des salariés dans le monde préfèrent se tourner vers des robots pour préserver leur santé mentale plutôt que de solliciter l’aide de leur manager !



C’est l’un des principaux enseignements d’une nouvelle étude d’Oracle et Workplace Intelligence, cabinet de recherche et de conseil en Ressources Humaines, menée auprès de 12 000 employés, cadres, responsables des ressources humaines et dirigeants de 11 pays, parmi lesquels la France.

Elle révèle également que la pandémie de COVID-19 a apporté stress, anxiété et épuisement professionnel dans le monde entier, la technologie étant privilégiée pour solliciter de l’aide.



De l’IA thérapeutique


Alors qu’en 2019, seulement 8% des salariés en France étaient enthousiastes à l’idée d’avoir recours à l’IA, ils sont aujourd’hui 68% à se dire ouverts à l’idée d’avoir recours à un robot pour les écouter ou suivre une thérapie !

Preuve que la pandémie de COVID-19 a vraiment bousculé les mentalités en peu de temps…


Pandémie, stress et santé mentale


En France, 75% des salariés affirment que la pandémie a eu des effets négatifs sur leur santé mentale

Globalement, la santé mentale des salariés dans le monde se dégrade en raison de la pandémie.

Les salariés sont plus que jamais confrontés à des niveaux d’anxiété et de dépression sensiblement plus élevés qu’à l’accoutumée en raison de la COVID-19.

  • 71% des Français affirment avoir subi davantage de stress et d’anxiété au travail cette année par rapport aux années précédentes (70% au niveau mondial).
  • La pandémie a eu des effets néfastes sur la santé mentale de 78% de la population active mondiale (75% en France). Les changements induits dans le monde du travail et auxquels les salariés ont été contraints de s’adapter au pied levé ont engendré davantage de stress (38%), un déséquilibre entre la vie professionnelle et la vie privée (35%), de l’épuisement professionnel (25%), une dépression due à l’absence de socialisation (25%) et de la solitude (14%).
  • Les nouvelles pressions exercées par la pandémie mondiale se sont cumulées aux facteurs de stress quotidiens sur le lieu de travail comme la pression pour atteindre les objectifs de performance (42%), la gestion de tâches routinières et fastidieuses (41%) et la nécessité de jongler avec des charges de travail ingérables (41%).



A noter : Si les salariés français peuvent se reconnaitre dans ces moyennes mondiales, les salariés allemands semblent avoir été moins affectés puisqu’ils ne sont que 52% à se déclarer plus stressés et anxieux au travail, les salariés indiens partageant les taux les plus élevés (84%).


Une frontière de plus en plus fine entre vie professionnelle et vie privée


86% des salariés en France déclarent que les problèmes de santé mentale au travail ont des répercussions négatives sur leur vie personnelle 

La pandémie mondiale a exacerbé les problèmes de santé mentale au travail mais l’impact ne se limite pas à la vie professionnelle, les conséquences s’étendent aussi à la vie personnelle des salariés.

  • 86% des Français interrogés affirment que les problèmes de santé mentale au travail, comme le stress, l’anxiété ou la dépression affectent leur vie privée (85% au niveau mondial). Et ce sont les jeunes générations (22-25 ans) qui semblent en pâtir le plus avec 94% qui partagent ce sentiment.
  • Les principales répercussions se traduisent par un manque de sommeil (40%), une santé physique détériorée (35%), une dégradation du sentiment de bonheur à la maison (33%), la complication des relations familiales (30%) et une forme d’isolement social (28%).
  • Avec la généralisation du travail à distance, les frontières entre les sphères personnelles et professionnelles se réduisent toujours plus, d’ailleurs 35% des personnes interrogées au global affirment travailler 40 heures de plus chaque mois (29% en France) et 25% confient se sentir surmenés (27% en France).
  • Malgré les inconvénients imputables au télétravail, 62% des répondants dans le monde et 64% en France, estiment que ce mode de travail est plus attrayant maintenant qu’avant la pandémie. Au global, ils affirment pouvoir consacrer plus de temps à leur famille (51%), à dormir (31%) et à leur travail (30%).



De la Tech pour soulager les problèmes


Les salariés ont besoin d’aide et préfèrent chercher du soutien auprès de la technologie plutôt que solliciter l’aide de leur manager… mais cette tendance ne se vérifie pas partout.

Les salariés attendent plus de la technologie que la simple mise à disposition d’outils collaboratifs ; ils veulent pouvoir compter sur la technologie pour soulager leur santé mentale.

  • Seulement 18% des répondants dans le monde se tourneraient vers leur manager plutôt que vers des robots pour préserver leur santé mentale car ils estiment que les robots ne peuvent pas faire preuve de jugement (34%), qu’ils représentent un moyen de partager les problèmes de façon impartiale (30%) et sont capables d’apporter des réponses rapides aux questions de santé (29%).
  • 68 % des répondants préfèreraient parler de leurs problèmes de stress et d’anxiété au travail à un robot plutôt qu’à leur manager (60% en France) et 80% sont favorables à l’idée d’avoir un robot comme thérapeute ou conseiller. En France cette tendance est moins flagrante mais 68% y seraient tout de même favorables. C’est en Chine où cela est beaucoup plus marqué car ils sont 97% à partager ce point de vue.
  • 75% affirment que l’intelligence artificielle a contribué à améliorer leur santé mentale au travail. Elle leur permettrait de disposer des informations nécessaires pour travailler de façon plus efficiente (pour 31% au global contre seulement 19% en France), d’automatiser certaines tâches et de diminuer la charge de travail pour prévenir les risques de surmenage (27% au global contre 24% en France) et 27% considèrent que l’IA peut contribuer à réduire leur stress en les aidant à prioriser leurs tâches (versus 19% en France)
  • L’intelligence artificielle aurait déjà permis à la moitié des salariés de raccourcir la semaine de travail et de prendre de plus longues vacances (51% au global – 35% en France). Plus de la moitié des répondants indique que l’intelligence artificielle permet d’accroître la productivité des salariés (63% au global – 45% en France), contribue à l’amélioration de la satisfaction au travail (54% au global – 37% en France) et améliore le bien-être général (52% au global – 37% en France)


Des problématiques amenées à perdurer…


Les problèmes de santé mentale au travail vont perdurer et ne doivent pas être ignorés. 

Dans le monde entier, les salariés souhaitent que les entreprises s’investissent davantage sur les problématiques de santé mentale au travail.

Si cette aide est inexistante alors cela pourrait bien avoir des répercussions sur la productivité globale et sur la vie personnelle et professionnelle des salariés.



Par ailleurs, la période de confinement a également démontré que le recours à la technologie (visioconférence, activités sportives en ligne, applications etc…) offrait une échappatoire dans une période de stress particulièrement éprouvante.

  • 76 % estiment que leur entreprise devrait en faire plus pour préserver la santé mentale des salariés, un sentiment partagé par 69% des salariés en France. 51% ont indiqué que leur entreprise avait mis en place des services dédiés ou une forme de soutien en matière de santé mentale suite à la pandémie de la COVID-19 (42% en France).
  • 83% des salariés dans le monde souhaiteraient que leur entreprise mette à disposition les technologies nécessaires pour soutenir leur santé mentale (77% en France) comme l’accès en libre-service à des ressources en matière de santé (36%), des services de conseil à la demande (35%), des outils de monitoring proactif de la santé (35%), l’accès à des applications dédiées au bien-être et à la méditation (35%) et des chatbots pour répondre aux questions de santé (28%).
  • 84% des salariés affirment avoir rencontré des difficultés engendrées par le travail à distance comme le déséquilibre entre la vie professionnelle et la vie personnelle (41% en moyenne – 45% en France) et les répercussions sur la santé mentale comme le stress et l’anxiété (33% en moyenne, 27% en France).
  • 42% indiquent que le stress, l’anxiété et la dépression font chuter leur productivité et 40% déclarent que cela les conduit à prendre de mauvaises décisions.


« Avec la pandémie mondiale, la santé mentale est devenue non seulement un problème de société au sens large, mais aussi un défi majeur sur le lieu de travail. Elle a un impact profond sur les performances individuelles, l’efficacité des équipes et la productivité des organisations.


Maintenant et plus que jamais, c’est une conversation qui doit avoir lieu et les employés se tournent vers les employeurs pour qu’ils prennent les devants et fournissent des solutions ».


Il y a beaucoup à faire pour soutenir la santé mentale des salariés dans le monde et les technologies comme l’IA peuvent aider. Mais d’abord, les organisations doivent faire de la santé mentale une priorité. Si nous parvenons à lancer ces débats, tant au niveau des RH que des Directions, nous pourrons amorcer des changements. Et c’est maintenant qu’il faut s’y mettre ».

déclare Emily He, senior vice president, Oracle Cloud HCM.







Méthodologie

Les résultats sont issus d’une étude menée par Savanta, Inc. entre le 16 juillet et le 4 août 2020.

Pour la réaliser, 12 347 personnes dans le monde ont été interrogées (aux Etats-Unis, au Royaume-Uni, aux Emirats Arabes Unis, en France, en Italie, en Allemagne, en Inde, au Japon, en Chine, au Brésil et en Corée) sur des questions d’ordre général pour comprendre les attitudes des dirigeants et des salariés en matière de santé mentale et concernant le rôle de l’intelligence artificielle, des assistants numériques, des chatbots et des robots dans le monde du travail. L’étude visait les personnes âgées de 22 à 74 ans.

Les répondants ont été recrutés par le biais de différents mécanismes et via différentes sources pour rejoindre les panels et participer à des études de marché.

Tous les panélistes ont passé un processus de double opt-in et ont renseigné en moyenne 300 paramètres de profilage avant de participer aux enquêtes. Les personnes interrogées ont été invitées à participer par courrier électronique et ont reçu une incitation financière pour les encourager à répondre. Les résultats de chaque échantillon sont sujets à des variations d’échantillonnage.

L’ampleur de la variation est mesurable et dépend du nombre d’entretiens et du niveau de pourcentage exprimant des résultats.

Dans le cadre de cette étude, les chances sont de l’ordre de 95% pour qu’un résultat d’enquête ne varie pas, en plus ou en mois, de plus de 0.9 point de pourcentage par rapport au résultat qui aurait été obtenu si les entretiens avaient été menés avec toutes les personnes de l’univers représenté par l’échantillon.