Repenser notre consommation : ce que le confinement nous a appris

Le e-commerce a montré ses ressources pendant le confinement, et offre des alternatives compatibles avec une démarche écologique et socialement responsable. N’attendons pas d’être mis au pied du mur par une crise pour repenser nos habitudes de consommation.


Les deux mois de confinement nous ont pris par surprise.

Passé les premiers moments qui ont donné lieu à des réactions surprenantes – et aux ruptures de papier toilette et de spaghettis – les Français se sont installés dans ce nouveau mode de vie qui a changé drastiquement leurs habitudes de consommation.

À présent que le déconfinement entame sa dernière phase et que la vie normale reprend son cours, il est bon de se demander ce qui peut être retiré de cette période pour améliorer notre vie.


1 : Au-delà des tendances, il faut apprendre à anticiper ses besoins 


Les phénomènes de stocks n’ont rien de nouveau pour les enseignes : chaque année, en fonction de la saisonnalité, certains produits sont commandés en masse et d’autres délaissés par les consommateurs.

Lorsqu’arrivent les premières chaleurs, ce sont ainsi les ventilateurs qui envahissent les rayons, et les pull-overs qui disparaissent ; et quand l’automne revient c’est le mouvement inverse.

Ces tendances s’accompagnent invariablement de ruptures de stocks des produits populaires, dont les prix augmentent ainsi rapidement en fonction de la disponibilité.

Pendant le confinement, ce phénomène a été décuplé par l’absence de prévision du phénomène, et par l’ampleur de la demande : c’est ainsi la France entière qui s’est ruée sur les stocks d’imprimantes et de webcams – pour le travail – de nintendo switch et de puzzles – pour le divertissement – ou encore de tondeuses à cheveux et de machines à coudre.

Si ce contexte devrait rester exceptionnel, il a permis à beaucoup de comprendre l’importance de l’anticipation, pour ne pas se trouver confronté à une rupture de stocks. Pour les consommateurs qui sauront en tirer les leçons, il peut ainsi être judicieux de se projeter sur ses besoins saisonniers ou particuliers au cours de l’année, et de faire ses recherches produits en amont de l’envol de la demande.

Enfin, pour les plus fourmis d’entre nous, la stratégie la plus aboutie en termes de prévision peut être de profiter de la prochaine période de soldes (repoussées au 15 juillet cette année) pour s’équiper en avance pour ses besoins de l’année.



2 : La consommation responsable : plusieurs alternatives existent 


Le e-commerce offre aujourd’hui une alternative à l’achat en magasin dans la plupart des cas. On le savait déjà pour l’achat de produits classiques, on l’a découvert pour des gammes entières de produits encore peu usités, comme les produits frais et d’hygiène.

Un grand nombre d’alternatives en ligne existent, assorties elles-mêmes d’options de livraison qui permettent aux personnes âgées, fragiles ou simplement peu disponibles de ne pas se déplacer.

Si les géants de la marketplace, comme Amazon, ont largement profité du confinement, les consommateurs ont aussi découvert nombre d’alternatives, car les supermarchés et les commerces de proximité proposent désormais souvent une offre en livraison.

Acheter en ligne n’est en effet pas incompatible avec une démarche écologique et responsable : il est possible de privilégier l’économie locale ou biologique en ligne.

Si l’on veut s’inscrire dans une démarche responsable, en effet, l’important est de s’intéresser à l’ensemble de la chaîne de fabrication, production et distribution, pour avoir un impact positif.

En définitive, il faut choisir son mode d’achat en fonction de ses préférences et possibilités pratiques. Le e-commerce ne fait qu’offrir plus de souplesse aux consommateurs, mais le choix reste le leur.



3 : Se tourner vers le local tout en gardant son confort


Aujourd’hui on peut tout trouver en ligne, et ceux qui en doutaient encore ont eu les deux mois de confinement pour en prendre conscience.

Lorsqu’on cherche un produit à tout prix – au sens propre comme au figuré – le marché du e-commerce est si vaste qu’il permettra forcément de l’acquérir, même en cas de saturation de la demande.



Le marché dans sa globalité dispose de ressources insoupçonnées et de stocks quasi infinis. Cependant, même si les produits restaient trouvables en ligne durant le confinement, à travers les innombrables vendeurs des plateformes de e-commerce, les consommateurs ont eu le réflexe de se replier sur les vendeurs de proximité.

Réflexe naturel dans un contexte d’incertitude, et qui, s’il s’inscrit dans le temps, permet de reprendre l’habitude de chercher près de soi ce qu’on avait trop tendance à faire venir de (très) loin.

Cela permet non seulement de le recevoir plus rapidement et de façon certaine, mais aussi de participer activement à la lutte contre le réchauffement climatique, en réduisant la pollution des avions et bateaux cargo. Mais cela permet également de soutenir les petites entreprises et les petits commerces, et de favoriser la vie de quartier.

Le contexte économique difficile qui s’annonce renforce l’importance du tissu social : la crise a permis de s’en souvenir, l’après-crise devrait continuer à nous le rappeler.

La consommation du confinement a avant tout été guidée par nos besoins ; et il ne faut pas se sentir coupable d’avoir répondu à des besoins immédiats.

C’est peut-être bien en cela que la crise aura eu un impact positif sur nos modes de consommation : en nous recentrant sur nos besoins réels pour que nous soyons à l’avenir plus à même de choisir les bons produits pour y répondre.





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