Vingt ans après la naissance d’Amazon, quinze ans après celle d’Ebay et avec le succès fulgurants des Fintechs, d’Uber et d’Airbnb, pour ne citer qu’eux, petits et grands commerçants « traditionnels » tentent de répliquer en invitant le web dans leurs échoppes afin d’effacer les lignes entre boutiques physiques et ventes en ligne et ainsi faire vivre à leurs clients une expérience omni-canale, fluide et sans couture.

 

 

Une tribune de Cécile Morel, Fondatrice de Mobi Rider

 

 

 

Qu’il soit en ligne, ou classique avec des murs et une vitrine, le point de vente est par définition le point de contact privilégié entre la marque et le client. Non pas parce qu’il est le plus présent dans le quotidien du client, mais parce que quand il l’est, c’est bien lui qui offre l’expérience la plus complète avec la marque.

Mais depuis maintenant plus de dix ans un problème central s’est développé. Si le point de vente reste le moment d’interaction le plus riche, l’essentiel de la relation client s’est déporté ailleurs. Et ce « ailleurs » est en ligne.

Nous avons tous bien compris que Google et Facebook sont les plateformes où se font et se défont une grande partie des réputations des marques.
En proposant aux clients une autonomie de décision, le point de vente n’est plus le point de contact central.

Le paradoxe est bien qu’il garde à la fois pour le client et la marque toute sa richesse d’interaction, mais qu’il l’est de moins en moins fréquemment. En conséquence, les marques investissent elles-mêmes de moins en moins dans les points de vente.

 

Les enseignes numériquement natives (« pure players ») se révèlent encore plus agressives de ce point de vue. Amazon, par exemple, encourage de toutes les façons possibles ce qu’ils appellent le « showrooming ». C’est à dire la capacité de n’importe quel client à visualiser un produit en magasin physique et de l’acheter en même temps dans l’espace en ligne d’Amazon, sans friction, sans délais et au meilleur prix.

Et l’aboutissement de cette logique pour les « pure players » du web va apparaître de plus en plus évidente : il s’agit de proposer leurs propres boutiques « en dur », pour terminer la boucle et capitaliser au mieux sur leur puissance en ligne.

Ce constat est à la fois rassurant sur l’avenir du point de vente physique, mais aussi totalement déstabilisant pour les marques traditionnelles qui doivent repenser chacun de leurs trois niveaux d’interaction (achat/ après-vente/ support) en apportant la même puissance qu’Amazon sur leur capacité à anticiper et comprendre les besoins clients :

  • Une intimité client extrême construite en ligne par des milliers, voire des millions d’échanges quotidiens ;
  • Une capacité à livrer au meilleur coût, pratiquement sans erreur, pour répondre aux moindres impulsions d’achats ;
  • Une mobilisation continue autour des produits achetés et de l’anticipation des futurs besoins ;

 

Ce sont là des objectifs ambitieux pour des réseaux de points de vente classiques vendant des vêtements, des meubles ou des voitures, mais ils deviennent encore plus difficiles à interpréter et mettre en œuvre pour des activités de service comme des banques ou des assurances. Et pourtant, les enjeux sont parfaitement identiques…

 

Cette tribune est issue du livre blanc « Comment le point de vente physique redevient le centre de la relation client numérique »

 

Mobi rider est une startup créée par Cécile Morel. Elle est spécialisée en digitalisation de la relation client depuis le point de vente physique. Mobi rider est l’éditeur de mobi one, un objet connecté pour les magasins, conçu en forme de boîte et capable de communiquer avec tous types de mobiles, pour créer un lien entre les canaux de distribution physiques et digitaux d’une marque et faire donc embarquer le client physique vers le digital.
Cécile Morel est co-fondatrice et CEO de la startup mobi rider où elle anime une équipe de 6 passionnés, tous concentrés à révolutionner l’expérience client depuis le point de vente.

 

 

2 commentaires

  • Evidemment lorsqu’on veut absolument justifier la digitalisation de l’Expérience Client, on y parvient… Mais la seule motivation de la relation client reste l’humain au sens justement du lien social que le digital, quel que soit son degré de performance, ne saura jamais reproduire. Si le magasin physique veut continuer (et continue d’ailleurs) à être ce lieu incontournable de l’expérience client, il doit se concentrer sur la qualité de la relation humaine, et de la conversation sociale. Personne ne préfère dialoguer avec Amazon plutôt qu’avec un être humain bienveillant, attentif et généreux pour une raison simple : Amazon n’a rien à nous apprendre, ni sur nous-même ni sur les autres…

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