Atos vient le lancement d’une OPA sur son compatriote Bull qui le valorise aux alentours de 620 millions d’euros.

Fort de cette acquisition, Atos ambitionne de devenir le numéro un européen sur le marché du cloud et de créer un géant français du Big Data.

 

Atos a annoncé le lancement d’une offre publique d’achat portant sur la totalité des actions en circulation composant le capital du groupe Bull, spécialiste français de l’informatique, des infrastructures et de la cyber-sécurité. Validée par le conseil d’administration des deux entreprises, l’opération valorise Bull aux alentours de 620 millions d’euros. Elle aboutira sur le retrait du marché des actions Bull, avant une éventuelle fusion entre les deux sociétés.

Ambition affichée : renforcer , au terme de cette acquisition, « la position de n°1 d’Atos dans le Cloud en Europe » et confirmer « son leadership global en Infogérance et en Intégration de Systèmes ».

Atos vise ainsi 400 millions d’euros de chiffre d’affaires d’ici 2016 autour des services liés aux infrastructures et à l’hébergement, et annonce que la marque Bull sera conservée pour encadrer une nouvelle entité dédiée aux problématiques Big Data et sécurité, avec un chiffre d’affaires prévisionnel de l’ordre de 500 millions d’euros. Cette dernière se reposera tout particulièrement sur les capacités et les produits Bull liés au supercalcul.

L’idée, « être présent de bout en bout sur la chaîne, a expliqué Thierry Breton, pour stocker et traiter les données, déployer l’ensemble des softwares (logiciels), puis faire du profiling » afin de satisfaire une demande forte des clients, qui ne souhaitent plus seulement récolter et stocker des données, mais veulent désormais en tirer de la valeur. « La quantité de données informatiques dans le monde double tous les 18 mois, s’est plu à mentionner le PDG d’Atos, le métier des SI a changé, il ne s’agit plus simplement de mettre du personnel à la disposition des entreprises, a insisté Thierry Breton, il ne s’agit plus de ne faire que de la maintenance, aujourd’hui les entreprises digitalisent leur business, et elles ont pour ce faire besoin de capacité de stockage et d’analyse. » 

Dans le détail, la nouvelle entité dédiée au big data et à la cybersécurité sera une entité « 100 % Atos » mais qui opérera sous la marque Bull. Celle-ci ne disparaît donc pas du paysage industriel français. Au final, la branche issue du mariage Atos/Bull disposera d’une centaine de data servers réunis dans une quinzaine dehubs régionaux.

« Les équipes de Bull dont la compétence est hautement reconnue dans des technologies de pointe, tels que la puissance de calcul, la gestion et l’analyse des données, et la cybersécurité complètent les capacités d’Atos de déploiement à très grande échelle », se félicite Thierry Breton, pdg d’Atos, dans un communiqué. Le groupe affirme que cette acquisition permettra de réaliser 80 millions d’euros de synergies d’ici 24 mois.


Bull compte aujourd’hui 9 200 collaborateurs répartis dans plus de 50 pays et réalise un chiffre d’affaires annuel de 1,3 milliard d’euros. La transaction, lancée à 4,90 euros par action, représente une prime d’environ 30% par rapport au cours moyen du titre Bull sur les trois derniers mois. L’offre publique d’achat sera lancée début juillet.

 

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