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E-commerce : le confinement n’aura pas profité à tout le monde…

Tous secteurs confondus, les ventes en ligne n'auront finalement augmenté que de 5% en France durant le second trimestre. Si certains acteurs ont bien vu leurs ventes exploser pendant cette période de confinement, d'autres ont très fortement marqué le pas...



Selon les derniers chiffres publiés par la Fevad, les ventes sur internet ont progressé de 5,3% au deuxième trimestre 2020.

Cette croissance globale, plus faible que d’accoutumée, masque en réalité des situations bien différentes selon les types d’achats.

Le net recul des services aura en fait été en grande partie compensé par la forte augmentation de la vente de produits durant cette période…



Des secteurs à l’arrêt et d’autres en surchauffe


Après une hausse de 1,8% sur les 3 premiers mois de l’année, le marché global du e-commerce a progressé de +5,3% au 2ème trimestre 2020 contre 12,1% au 2ème trimestre l’an dernier.

Au mois d’avril, au plus fort de la crise sanitaire, le e-commerce n’a progressé que de +0,8% par rapport à avril 2019, notamment en raison de l’arrêt des ventes de nombreux services et particulièrement des voyages.


Cette chute des services en ligne a néanmoins été compensée par une forte reprise des ventes de produits sur internet dès la mi-avril.

Ces ventes de produits ont ensuite fortement progressé au cours des mois de mai et juin avec une croissance globale de 7,4 % sur les deux mois (produits et services).

Si le e-commerce constitue un secteur sensible à la conjoncture économique au même titre que le commerce physique, la vente en ligne apparaît ainsi comme un levier de la reprise économique qui permet de répondre aux nouveaux comportements de consommation issus de la crise.

Au cours du second trimestre, les sites de vente sur internet, tous produits et services confondus, ont enregistré 408 millions de transactions en ligne, pour un chiffre d’affaires de 25,9 milliards.

La répartition des ventes entre produits et services profite à la vente de produits, qui représente 57% du chiffre d’affaires global, contre 44% en moyenne sur 2019.

L’évolution du mix-produit sur internet entraine par ailleurs une nouvelle hausse du panier moyen, lequel repasse la barre des 60€ (63,6 €), soit +6,8% par rapport au 2ème trimestre 2019.

Le nombre de sites marchands actifs continue également de progresser avec plus de 202 000 sites marchands recensés, soit 11 000 de plus sur un an.



+83% : des ventes internet record pour les enseignes magasin 


Les ventes de produits grand public du panel iCE 100 (mesure de la croissance sur un échantillon constant d’une centaine de sites parmi les sites leaders) enregistrent une très forte augmentation : +45,7% au 2ème trimestre.

Cet accroissement s’inscrit dans le contexte de la crise sanitaire, avec la fermeture des magasins hors alimentaire pendant le confinement et le maintien des ventes à un niveau élevé depuis le déconfinement.

Ce sont les achats en ligne auprès des enseignes magasins qui ont le plus accéléré ce trimestre avec une progression de +83%.

Les ventes aux professionnels du panel iCE 100 ont reculé de 9,6% au 2ème trimestre en raison des fermetures et des chutes d’activité des entreprises. Elles ont toutefois renoué avec la croissance au mois de juin.

En raison des contraintes de déplacement liées à la crise sanitaire mondiale, les ventes de voyages se sont effondrées : la baisse des ventes s’établit à -75% au 2ème trimestre 2020 par rapport au 2ème trimestre 2019.




Les places de marché au secours des magasins physiques


Les ventes réalisées pour le compte de tiers (sur les places de marché) ont accéléré au 2ème trimestre.

Elles ont permis à de nombreux magasins physiques et sites de limiter le recul de leurs ventes pendant le confinement et depuis le déconfinement.


Leur activité était en hausse de +60% en avril et en mai et encore de +26% en juin (versus +14% sur l’année 2019).

Pour le 2ème trimestre 2020, le volume d’affaires réalisé sur les places de marché de l’iPM a augmenté de 50% par rapport au 2ème trimestre 2019.



Le commerce en ligne a ainsi joué un rôle d’amortisseur économique en permettant de limiter l’impact du confinement pour de nombreuses entreprises (production et distribution), et tout particulièrement pour les PME et TPE qui ont su s’adapter.

A noter également que les ventes sur mobile de l’iCM, qui cumulent ventes de produits et ventes de voyages, sont stables au 2ème trimestre 2020 par rapport au 2ème trimestre 2019 (-0,3%), impactées par la chute des achats de transports, voyages, billetterie…







Méthodologie :

Les données collectées par la Fevad auprès des sites marchands correspondent aux définitions suivantes : 

Indice commerce électronique (iCE 100) : Chiffre d’affaires réalisé en propre par les sites du Panel iCE 100 sur l’internet fixe et mobile.

Les sites qui éditent une market place ne comptent pas le volume d’affaires réalisé sur market place, ni les commissions générées. Uniquement les commandes livrées en France. Tous les lieux de livraison sont retenus (y compris retraits en magasin). Il s’agit du chiffre d’affaires commandé (on considère la date de prise de commande et pas la date de livraison). Annulations, échanges et retours déduits, frais de port compris, TTC pour les ventes aux particuliers, HT pour les ventes aux professionnels.

Indice place de marché : Volume d’affaires réalisé par les sites hébergés sur les places de marché du panel iCE100.

Indice commerce mobile (iCM) : Chiffre d’affaires réalisé en propre sur smartphones et tablettes numériques dans le cadre des sites mobiles et applications (hors téléchargements d’applications).