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Publicité digitale : Les internautes sont moins réfractaires qu’il n’y paraît…

1 Français sur 2 préfère filtrer plutôt que de bloquer les publicités en ligne, mais ne sait pas toujours que cette option est disponible


La société eyeo, éditrice des logiciels Adblock Plus, Flattr et Trusted News, s’est intéressée à l’utilisation des adblockers en France, avec le soutien de YouGov.

Il en ressort essentiellement que les internautes souhaitent bénéficier d’un certain contrôle mais qu’ils restent aussi conscients de l’échange de valeur existant entre Internet et les éditeurs de publicités.

Il y a encore peu de temps, les éditeurs et les annonceurs imposaient leurs conditions, sans tenir compte des formats, des contenus ou de la pertinence des publicités. Les adblockers ont restauré un équilibre, en permettant aux internautes de choisir comment consommer leurs contenus. 

Si certains éditeurs savent aujourd’hui qu’ils doivent s’adapter, en proposant des publicités plus pertinentes à leurs lecteurs, d’autres cherchent à lutter contre l’impact du blocage publicitaire en déployant des contre-mesures.

Mais les internautes souhaitent-ils bannir totalement les publicités ? Ou sont-ils plus nuancés ?



Filtrer vs. Bloquer

Selon l’enquête eyeo, les Français installent un adblocker pour ne plus voir de publicité en ligne (60%), mais aussi pour garantir la sécurité de leur vie privée sur internet (40%) ; ils sont 71% à penser que l’utilisation de logiciels de blocage des publicités est justifiée.

Si les premiers adblockers ne faisaient aucun compromis en bloquant toutes les formes de publicité, les logiciels mis au point au cours des dernières années ont gagné en flexibilité.

Les développeurs de solutions d’adblocking changent maintenant d’approche pour pouvoir répondre aux attentes plus nuancées des internautes.

Lisa Bouam, Business Development Manager chez eyeo déclare :

« Les éditeurs sont un grand nombre à faire face à des craintes vis-à-vis du blocage publicitaire qui découle de l’idée suivante : les utilisateurs d’adblockers seraient une audience perdue qu’il serait impossible de cibler.

Or ce n’est pas le cas ! La transition du blocage vers le filtrage publicitaire change la donne, en générant un nouvel écosystème composé d’internautes plus ouverts aux expériences en ligne offrant de la publicité moins intrusive. »


En effet, les résultats de cette étude viennent soutenir cette information puisque plus d’un internaute sur deux préfèreraient filtrer les publicités qu’ils rencontrent en ligne, au lieu de les bloquer totalement (58%) mais ils sont seulement 40% à savoir que certains logiciels proposent des fonctionnalités de filtrage publicitaire.


Par ailleurs, 61% des sondés seraient prêts à désactiver complètement leur adblocker sur les sites capables de proposer un faible nombre de publicités.

Cela prouve donc que la publicité en elle-même n’est pas la source du mécontentement des utilisateurs.

Ce qui pose davantage problème, ce sont les méthodes et les formats publicitaires appliqués, surtout lorsqu’ils vont à l’encontre des préférences de l’internaute.

Les internautes ne sont donc pas entièrement réfractaires aux publicités et ils sont aussi conscients du rôle qu’elles jouent dans la gratuité des contenus.


En effet, l’étude révèle que 64% des internautes interrogés en France savent que les éditeurs s’appuient sur des publicités pour garantir la gratuité des contenus qu’ils proposent à leurs lecteurs et abonnés. I

ls sont même une majorité (55%) à accepter de voir des publicités tant que les contenus restent gratuits. Il s’agit donc d’un facteur essentiel pour eux.

Ces résultats confirment les tendances mises en lumière par eyeo et YouGov dans d’autres enquêtes réalisées au Royaume-Uni et aux États-Unis : 71% des internautes américains et 80% des internautes britanniques sont en effet conscients de l’importance des publicités pour profiter d’une expérience en ligne gratuite.



Quand les éditeurs passent à l’offensive, les internautes se défilent

Il arrive que les internautes soient contraints d’autoriser les publicités sur un site pour en lire le contenu, voire qu’ils soient interdits d’accès s’ils refusent de désactiver leur adblocker.

Cette étude montre que ces stratégies sont particulièrement mal vues. En effet, les résultats révèlent que seulement 43% des utilisateurs français d’adblockers acceptent de désactiver leur adblocker à la demande d’un site.

Les internautes sont encore plus tranchés lorsque cela se fait dans leur dos !

En effet, 85% des utilisateurs de logiciels de blocage des publicités interrogés en France indiquent qu’ils n’apprécieraient pas qu’un site désactive leur adblocker à leur insu et 61% se disent même prêts à ne plus visiter les sites qui ont recours à cette pratique.


La pub n’est pas amenée à disparaître du Web…

Dans le cadre de ce sondage, les participants ont également dû imaginer à quoi ressemblerait le secteur de la publicité en ligne dans10 ans.

Près de la moitié (48%) des utilisateurs français de 18-24 ans interrogés pensent que les formats publicitaires invasifs continueront d’exister et que les adblockers resteront d’actualité.

De plus, 25% des participants de cette même génération s’attendent également à devoir payer pour accéder à des contenus d’une meilleure qualité.

Les résultats de cette étude montrent que les utilisateurs d’Internet comprennent bien son fonctionnement.

Cette étude prouve également qu’ils sont conscients du rôle et de la place de la publicité dans l’avenir d’Internet, contrairement à certaines idées reçues.

Il se profile ainsi qu’à mesure que les publicités deviendront moins invasives, les internautes seront moins nombreux à vouloir bloquer toutes les publicités sans distinction.

Cela leur permettra d’obtenir un meilleur équilibre entre contenus et publicités, tout en permettant aux éditeurs d’augmenter leurs revenus…



Méthodologie :

En août 2019, YouGov a réalisé une étude de marché à la demande d’eyeo, société éditrice d’Adblock Plus, de Trusted News et de Flattr, pour identifier les préférences et les comportements des utilisateurs d’Internet vis-à-vis des publicités en ligne et des adblockers. L’enquête porte notamment sur l’acceptation des publicités en ligne par les utilisateurs français, l’avis des interrogés sur les méthodes utilisées par les annonceurs pour faire face à des défis comme le blocage publicitaire, ou encore l’avenir du secteur publicitaire en ligne. Le sondage repose sur les témoignages de 1 035 internautes français, dont 621 disposent d’un adblocker sur leurs périphériques digitaux. 

L’intégralité du rapport est disponible en téléchargement ici.


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