“Tout le monde dit merci”…



Nous avons beaucoup dit merci ces derniers mois.

A l’heure de l’épidémie, nous réalisons à quel point, et peut-être l’avions-nous oublié, nous dépendons les uns des autres : notre santé, notre alimentation, nos libertés. La France, l’Europe, le monde.

Et bien sûr à quel point entreprises et société sont liées par un destin commun.

Nous avons redécouvert le rôle de l’entreprise à l’aune de la crise sanitaire: être utile. Être utile au fonctionnement du quotidien et de la société pour ses besoins essentiels.



RSE, Raison d’être… et l’entreprise devint “responsable”


Bien avant la crise du Covid 19, il y a quelques années, la RSE (responsabilité sociale d’entreprise) rendait l’entreprise responsable. Et changeait, de fait, sa conception fondamentale.

Elle entérinait son caractère politique et social en ne la considérant plus comme une simple organisation privée, à la fonction exclusivement économique. L’entreprise devenait une institution sociale dont les impacts et la gouvernance concernent l’ensemble de la société.

La Loi Pacte l’a définitivement faite basculer dans l’ère de la “société à mission”, capable de formuler une raison d’être au service de la société.

Si l’on peut toujours redouter le simple vernis de communication, assorti de raison d’être molle ou creuse, l’entreprise change malgré tout, sans retour en arrière possible.

La raison d’être interroge de manière existentielle l’entreprise : qu’est-ce qui motive son action et qu’apporte-t-elle à l’humanité ? Quels moyens pour y parvenir ?

Inscrite dans les statuts de l’entreprise, requérant l’accord de la gouvernance et des actionnaires, elle engage profondément, avec la vocation de devenir le cap stratégique à atteindre.

Il est passionnant de constater, que cette nouvelle conception de l’entreprise s’incarne, s’enracine dans l’horizon, à première vue austère, du reporting.

Le fameux « rapport intégré » achève effectivement d’intégrer définitivement l’entreprise et sa performance, à son rôle dans la société, son « utilité ».

La notion d’intégration incarne ce stade ultime, où l’entreprise ne peut plus dissocier stratégie environnementale, sociale, et économique.

Tout cela ne fait plus qu’un, et c’est à cette condition que l’on peut réellement évaluer sa création de valeur. L’ambition du rapport intégré est donc forte, presque révolutionnaire.

Dans le sillage de la “raison d’être”, ce récit fondateur oblige l’entreprise à se redéfinir, à s’ouvrir, à s’engager, bien au-delà d’un exercice de reporting ou de communication.

Car la première vertu du rapport intégré est de questionner, autant le business model que le sens profond de la mission ou les moyens mis en oeuvre. Engageant ainsi à changer. Vraiment.



Le temps des actes


Aujourd’hui, ce changement du rôle de l’entreprise et de sa perception s’accélère.

A l’image du rapport intégré qui est d’abord un récit des actes, où la preuve l’emporte, les marques et les entreprises sont attendues dans un rôle sociétal toujours plus “agissant” et un discours de vérité toujours plus fort.


Alors que l’Amérique se soulève pour combattre l’injustice raciale en son sein, de nombreuses marques joignent leurs voix au chorus d’opposition.

Interpellées par les manifestants, leurs prises de position publiques sont attendues, et, même plus, leurs actions sont sollicitées, car les mots ne suffisent plus. Reebook, Ben&Jerry, Youtube, Glossier donnent, soutiennent financièrement la cause #blacklivesmatter. 

De même que l’après-guerre avait vu émerger, sous l’impulsion de Jean-Paul Sartre, la figure de l’”écrivain engagé”, capable de mesurer et d’assumer sa responsabilité sociale et sociétale, l’”entreprise engagée” finit de naître. A nous tous, d’en être à la hauteur…






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