#Must-Read

Meta collecte trois fois plus de données qu’Apple ou Microsoft

L’IA s’invite dans les habitudes d’achat des Français

Google : les résumés IA impactent déjà une recherche sur deux

L’IA s’invite dans les habitudes d’achat des Français

Comparaison des prix, alertes et détection des fausses promotions : un Français sur cinq utilise désormais l’IA pour préparer ses achats …


L’intelligence artificielle commence à changer les habitudes des consommateurs français. Loin de se limiter aux usages conversationnels ou professionnels, elle s’invite désormais dans une étape stratégique du parcours client : la préparation des achats.

Selon la nouvelle édition de The State of Shopping 2026, réalisée par Shopfully auprès de plus de 6 600 consommateurs européens, 20 % des Français déclarent avoir utilisé un outil d’intelligence artificielle au cours des douze derniers mois pour les aider dans leurs décisions d’achat.

Un chiffre qui témoigne d’une évolution des comportements. Dans un contexte où le pouvoir d’achat reste sous pression, les consommateurs cherchent moins à consommer davantage qu’à optimiser leurs dépenses. Et l’IA apparaît progressivement comme un nouvel outil pour y parvenir…



L’IA devient un outil pour traquer les économies

Pour les consommateurs qui l’utilisent déjà, l’intelligence artificielle est avant tout synonyme de praticité.

89 % des Français ayant recours à l’IA dans leurs achats utilisent des plateformes génératives comme ChatGPT, Gemini ou Perplexity, très loin devant les assistants d’achat spécialisés.

L’objectif n’est donc pas nécessairement de bénéficier d’une expérience d’achat futuriste. Les attentes sont beaucoup plus pragmatiques. Les consommateurs veulent disposer d’un assistant capable de les aider à prendre une meilleure décision.

La comparaison des prix arrive ainsi en tête des usages potentiels : 36 % des Français souhaiteraient pouvoir utiliser l’IA pour comparer automatiquement les prix entre plusieurs enseignes.

Ils sont également 31 % à vouloir être alertés lorsque le prix d’un produit baisse et 25 % à attendre de l’IA qu’elle les aide à identifier les fausses promotions ou les prix trompeurs.

Autrement dit, l’IA ne vient pas seulement accélérer la recherche d’un produit. Elle peut aussi devenir un outil de contrôle face à la complexité croissante de l’offre et aux multiples promotions proposées par les enseignes.


« Les consommateurs s’approprient progressivement l’intelligence artificielle, mais ils attendent avant tout qu’elle leur fasse gagner du temps et de l’argent »

analyse Henri-Noël Bouvet, directeur Iberia & France de Shopfully.



La préparation de l’achat devient stratégique

Cette adoption de l’IA s’inscrit dans une transformation plus large des comportements.

80 % des Français n’anticipent aucune amélioration de leur pouvoir d’achat en 2026, selon l’étude. Dans ce contexte, chaque dépense fait davantage l’objet d’une réflexion préalable.

La recherche d’information en ligne est ainsi devenue une étape incontournable : 91 % des Français se renseignent sur Internet avant d’acheter.

Les promotions jouent également un rôle central, puisque 71 % des consommateurs déclarent qu’elles influencent directement leurs achats et 59 % privilégient les produits faisant l’objet d’une offre promotionnelle.

Cette recherche d’économies se traduit également par des arbitrages plus structurels. Près de la moitié des Français (48 %) limitent leurs achats non essentiels, tandis que 41 % se tournent davantage vers les marques les plus abordables ou les marques de distributeurs.

Dans ce contexte, l’intelligence artificielle vient renforcer une tendance déjà installée : celle d’un consommateur qui veut arriver au moment de l’achat avec le maximum d’informations en main.



Le digital prépare l’achat, le magasin le concrétise

Le développement de ces nouveaux réflexes ne signifie pas pour autant la disparition du commerce physique. Au contraire. 70 % des Français réalisent principalement leurs achats en magasin.

Mais le rôle du point de vente évolue dans un parcours désormais largement hybride. Avant même de franchir ses portes, le consommateur peut avoir consulté plusieurs catalogues, comparé les prix, identifié une promotion ou recherché des avis et des informations sur un produit.

La décision d’achat se construit donc de plus en plus en amont. Le digital devient un espace de préparation, tandis que le magasin demeure un lieu majeur de concrétisation.

Pour les enseignes, cette évolution implique de ne plus considérer séparément les interactions physiques et numériques. L’enjeu consiste désormais à être présent au moment où le consommateur prépare son achat, avant même qu’il ne se rende en magasin.



Une fidélité qui dépend de plus en plus du prix

La recherche de valeur modifie également la relation entre consommateurs et enseignes.

Si 73 % des Français déclarent effectuer leurs achats dans les mêmes magasins, cette fidélité ne semble plus totalement acquise.

Ainsi, 60 % des consommateurs se disent prêts à fréquenter plusieurs enseignes pour bénéficier des meilleurs prix.

La fidélité ne disparaît donc pas, mais elle devient davantage conditionnelle : une enseigne peut conserver ses clients tant qu’elle reste compétitive et pertinente dans leurs arbitrages.

Cette logique s’étend également à la publicité et à la personnalisation. 67 % des Français considèrent la publicité utile lorsqu’elle leur permet de découvrir des promotions, tandis que 52 % accepteraient de partager certaines données personnelles en échange d’offres réellement personnalisées.

Une condition demeure toutefois essentielle : le bénéfice doit être clairement perceptible par le consommateur.



Pour les marques, l’enjeu sera de devenir utiles

L’étude Shopfully dessine ainsi un consommateur moins passif et plus méthodique. Comparaison, recherche d’informations, promotions et arbitrage entre enseignes constituent désormais des étapes à part entière du parcours d’achat.

L’arrivée de l’IA pourrait accélérer encore cette transformation. En automatisant certaines tâches de recherche et de comparaison, elle pourrait progressivement déplacer une partie du pouvoir de décision vers des outils capables de sélectionner, filtrer et recommander les meilleures options.

Pour les marques et les distributeurs, le défi ne consiste donc plus uniquement à être visible. Il s’agit aussi de fournir les informations, les prix et les offres susceptibles d’être retenus par ces nouveaux intermédiaires algorithmiques.

À mesure que l’IA s’installe dans la préparation des achats, la bataille commerciale pourrait ainsi se jouer de moins en moins sur la seule capacité à attirer le consommateur et davantage sur celle à lui démontrer, preuves à l’appui, pourquoi son offre constitue le meilleur choix.