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Avis d'experts

Intelligence Artificielle : Aller au-delà du mythe…

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Il existe aujourd’hui un certain nombre de mythes qui tournent autour de l’intelligence artificielle et de son rôle dans le domaine du marketing.

Mais affirmer que l’intelligence artificielle n’est rien d’autre qu’un effet d’annonce ou un simple outil d’automatisation un peu plus poussé est pour le moins incorrect voire diffamatoire pour l’industrie high tech…

 

 


Une tribune de Amaury Martin, Country Manager France, Emarsys


 

 

La plupart des experts s’accordent sur le fait que d’ici 2050, il est quasi certain que l’intelligence artificielle exécutera d’elle-même la grande majorité des tâches marketing de routine. Et qu’elle a déjà commencé et continuera d’augmenter le degré d’intelligence sur lequel s’appuient les marketeurs, la quantité d’informations dont ils disposent, et le niveau de personnalisation qu’ils sont capables d’offrir aux clients dans leur communication avec eux.

En fait, le débat autour de cette nouvelle technologie – alimenté par l’incertitude, le scepticisme et même la crainte, tourne autour de quatre questions :

 

  • Qu’est réellement l’intelligence artificielle– et dans quelle mesure cette technologie dite intelligente peut générer des résultats tangibles en termes de business, avec des résultats supérieurs à d’autres technologies déjà connues?
  • L’intelligence artificielle va-t-elle détruire des emplois – en exécutant des tâches aussi bien voire mieux qu’un humain ?
  • Faut-il un haut niveau de compétences pour utiliser l’intelligence artificielle – comment un marketeur pourra-t-il faire fonctionner et configurer un robot, une machine ou un algorithme?
  • L’intelligence artificielle a-t-elle sa place dans mon propre business – est-elle adaptée à toutes les situations, en générant résultats et retour sur investissement ?

 

La réalité est qu’aujourd’hui la technologie basée sur l’intelligence artificielle est capable d’améliorer quasiment tous les domaines du marketing. Pour le montrer, examinons un par un les quatre questions – ou mythes – citées plus haut.

 

Mythe n°1 : L’intelligence artificielle n’est qu’un slogan marketing, sans réalité ni efficacité tangible

Certains disent que le terme ‘intelligence artificielle’ n’est qu’un leurre marketing, qui ne repose sur rien de concret.

Le seul mot “artificielle” renvoie à une connotation qui n’a rien de sincère ni de naturel. Il implique que quelque chose a été assemblée de toutes pièces, à partir d’éléments disparates.

Puis vient “intelligence” : suggérer que quelque chose d’artificiel est dans le même temps intelligent est pour le moins contradictoire.

Comment donc réfuter un tel mythe ? Il faut commencer par donner une vraie définition.

L’Intelligence Artificielle est, il est vrai, un terme très général, mais qui repose en fait sur l’assemblage de nombreuses capacités technologiques différentes telles que le ‘machine learning’, le ‘deep learning’, ou les réseaux neuronaux, et a plusieurs applications liées au marketing telles que la génération de langage naturel et la recommandation prédictive de contenus mais ne citer qu’eux.

Il est également important de réaliser que l’intelligence artificielle, en tant que technologie sous-jacente, n’est pas une solution qui peut être téléchargée ou installée comme un simple logiciel.

L’une des définitions les plus faciles à comprendre de l’intelligence artificielle a été fournie par Demis Hassabis, Co-Fondateur et CEO de Google DeepMind. Il appelle l’Intelligence Artificielle « la science de rendre les machines intelligentes. »

Puis il faut examiner comment l’Intelligence Artificielle se manifeste déjà dans notre vie de tous les jours dans et en dehors du domaine marketing.

La capacité de reconnaissance faciale de Facebook est un très bon exemple de l’Intelligence Artificielle en action. Elle fait gagner du temps aux utilisateurs en reconnaissant qui est dans le photo et en les incitant à « taguer » ces personnes lorsqu’ils postent une photo.

 

Mythe n°2 : L’Intelligence Artificielle va détruire des emplois

Avec l’Intelligence Artificielle, certaines – mais uniquement certaines – tâches ou fonctions marketing n’auront plus vocation à être effectuées par des humains.

John Freshley, un Account Executive chez Emarsys, compare le rôle de l’Intelligence Artificielle dans le marketing à la façon dont un charpentier utilise un pistolet à clous pour se faciliter la vie.

« Au fil du temps, les processus de construction des bâtiments se sont améliorés, mécanisés (et dans certains cas automatisés) avec l’introduction de différents outils modernes. Alors qu’auparavant chaque clou devait être enfoncé et mis en place avec un marteau, des pistolets à clous fournissent aujourd’hui de meilleurs résultats, plus rapidement et sur une grande échelle.

Les pistolets à clous n’ont pas éliminé le fait que les clous devaient être enfoncés, mais ils ont éliminé le besoin pour le charpentier de se concentrer sur la façon de frapper le clou, avec quelle puissance et à quel endroit. C’est exactement ce que fait l’Intelligence Artificielle pour les marketeurs. »

La clé pour contrecarrer ce mythe est de comprendre les domaines que l’Intelligence Artificielle va éventuellement mécaniser et automatiser, et de reconnaître leurs limites.

L’Intelligence Artificielle va aider les marketeurs à gagner du temps, à gagner en efficacité et à réduire leurs tâches manuelles dans certains domaines tels que :

  • L’organisation et l’analyse des données
  • La planification des campagnes, les tâches de glisser déposer, et la segmentation des bases de données
  • L’exécution des campagnes d’emailing
  • Le balisage, l’organisation et l’attribution des contenus

 

Mais l’Intelligence Artificielle ne sera jamais capable de générer une stratégie marketing, d’effectuer des tâches de création (comme celles dévolues à un rédacteur, un graphiste, etc.), de comprendre complètement l’évolution des sentiments des utilisateurs envers une marque, et de saisir les motivations liées aux émotions humaines.

Les emplois marketing qui nécessitent un savoir-faire en création – les rédacteurs, les graphistes, les créateurs de vidéo, les responsables de la stratégie – auront toujours leur place.

L’Intelligence Artificielle va simplement libérer tout le potentiel de ce type de compétences, en permettant à des machines d’exécuter des tâches répétitives pour l’instant prises en charge par les créatifs.

 

Mythe n°3 : Utiliser l’Intelligence Artificielle nécessite des compétences spécifiques

Un récente enquête conjointe menée par Emarsys et Forrester, Building Trust And Confidence: AI Marketing Readiness In Retail And eCommerce, a montré qu’une mauvaise appréciation des compétences techniques nécessaires pour le marketing par intelligence artificielle ralentit son rythme d’adoption.

Seuls 29% des utilisateurs finaux pensent manquer de compétences techniques nécessaires, tandis que 66% des décisionnaires dans les entreprises déclarent que leur personnel manque des compétences nécessaires pour exploiter la technologie marketing par intelligence artificielle. D’où vient cette différence ?

Cette mauvaise appréciation est largement basée sur le sentiment que puisque l’intelligence artificielle elle-même est une technologie compliquée, qu’elle a besoin de spécialistes des données et de développeurs pour la faire fonctionner.

L’Intelligence Artificielle (et le marketing par Intelligence Artificielle) a déjà une forte influence sur nos activités en ligne au quotidien. Dans de nombreux cas, elle permet d’automatiser de nombreuses tâches sur les portails, les médias sociaux et les sites web que nous utilisons tous les jours. Les marketeurs sur ces sites se consacrent quasi exclusivement à créer de meilleurs contenus et de meilleures expériences utilisateur.

Avec une plate-forme marketing basée sur l’intelligence artificielle, la machine se charge de toutes les tâches répétitives, laissant les marketeurs se reconcentrer sur les aspects stratégiques. Il n’est pas nécessaire d’avoir une formation technique pour utiliser l’intelligence artificielle.

Toutefois, bien que les compétences d’un programmeur logiciel ne soient pas un prérequis pour la mise en place de solutions d’intelligence artificielle, en réalité, un minimum de compétences techniques au sein de l’équipe marketing aidera à retirer le meilleur d’un moteur d’intelligence artificielle. Mais dans la plupart des cas, apprendre à utiliser la technologie est facile.

La plate-forme SaaS fonctionnera d’elle-même, mais pour tirer pleinement profit de toutes ses capacités d’intelligence artificielle, il est recommandé de confier à un membre de l’équipe (spécialiste des technologies marketing, manager e-commerce, etc.) la charge de piloter les processus.

 

Mythe n°4 : L’Intelligence Artificielle n’en est qu’à ses débuts et n’a pas encore sa place dans mon entreprise

Nous n’avons encore fait qu’entamer le développement et le potentiel du marketing par intelligence artificielle.

Mais c’est une erreur de penser que puisque l’intelligence artificielle n’en est encore qu’à ses débuts, il s’agit d’une technologie immature. Les marques qui rechignent à l’adopter en raison d’incertitudes sur son avenir manquent des opportunités que d’autres entreprises exploitent déjà et dont elles retirent un retour sur investissement.

Toutefois, nul besoin d’investir à plein sans attendre dans la technologie. Mieux vaut tester et configurer soigneusement la solution qui correspond le mieux à vos besoins.

Paul Roetzer, Fondateur du Marketing AI Institute identifie “5 P’s” pour le marketing par intelligence artificielle :

  • Planning, qui implique la prédiction du comportement des consommateurs, et l’allocation des ressources
  • Production, qui comprend la génération/optimisation des contenus tels que les emails et les posts sur les médias sociaux
  • Personnalisation, qui optimise la présence d’une marque en e-commerce avec des produits « recommandés pour vous » et des ‘incentives’ personnalisés au bon moment
  • Promotion, qui permet aux marques d’automatiser le ciblage et la publicité digitale cross canal
  • Performance, via la suppression de tous les travaux manuels liés au scoring des leads, à l’analyse des données et au contrôle des campagnes

 

Aujourd’hui, l’intelligence artificielle existe dans le domaine marketing pour vous aider à faire deux choses : accroître l’efficacité des processus et créer des expériences client plus ciblées. Associez ce potentiel avec la capacité de vos marketeurs à créer la campagne parfaite, et vous êtes sur la voie du succès…

 

 

 

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Humanisation de l’IA : jusqu’où peut-on aller ?

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Image extraite du film Ex Machina, réalisé par Alex Garland (2015) Photo Universal Pictures

Que se passera-t-il le jour où nous ne saurons plus distinguer une machine d’un humain ? Ce jour sera celui où les ordinateurs auront atteint le niveau de l’intelligence humaine. Mais faut-il juger de l’intelligence des IA par leur capacité à nous imiter ? Et devons-nous continuer à les concevoir de façon anthropomorphique ?

 

 


Une tribune de Javier Gonzalez Helly, Co-fondateur de Botfuel


 

 

Robot ou un humain : une vraie différence ?

Si vous n’avez pas encore parlé à une intelligence artificielle, cela ne saurait tarder, si l’on observe le rythme auquel fleurissent les chatbots et assistants vocaux… Ou plutôt est-ce arrivé sans même que vous le sachiez.

Certains utilisateurs des applications de messagerie, plus prudents que la moyenne, ont pris désormais l’habitude de se renseigner avant d’entamer un dialogue plus approfondi : « Bonjour, suis-je en train de parler à un robot ou à un humain ? ».

Car il y a dans nombre d’applications de l’intelligence artificielle au traitement du langage naturel un phénomène étrange : celles-ci semblent avoir été conçues avec le devoir d’imiter l’humain. On n’exige pourtant pas des voitures autonomes qu’elles klaxonnent compulsivement et insultent automatiquement par la fenêtre d’autres conducteurs indélicats !

Pourquoi demande-t-on aux agents virtuels d’avoir leur personnalité, d’être capables d’avoir des conversations mondaines, de faire preuve d’empathie ou d’avoir un peu d’humour ? Pourquoi faut-il qu’ils imitent le comportement humain ?

 

Ouvrir le champ de la « bêtise artificielle »

En 1950, Alan Turing conçoit un test d’intelligence artificielle qui consiste à mettre un humain averti en confrontation verbale à l’aveugle avec un ordinateur et un autre humain. Rapidement, le test est controversé, car il repose avant tout sur la capacité de la machine à imiter le comportement humain via le langage.

Le prix Loebner, une compétition annuelle qui depuis 1991 récompense les agents conversationnels qui remplissent le mieux les critères de Turing, subit les mêmes critiques : les IA lauréates semblent être celles qui trompent le mieux les juges et non les plus intelligentes.

Par exemple, pour paraître plus humaines, les IA prennent le temps de réfléchir plutôt que de répondre immédiatement, elles évitent de répondre à des calculs, complexes pour un humain, mais triviaux pour les machines, elles font exprès de faire des fautes de frappe…

On pourrait aller encore plus loin, et considérer que les intelligences artificielles les plus plausibles sont celles qui se trompent, se contredisent, mentent ou s’emportent sans raison.

Dès lors, c’est un nouveau champ de recherche qui s’ouvrirait, immense, celui de la « bêtise artificielle » (« Artificial stupidity », c’est le titre qu’avait choisi The Economist à l’annonce des résultats des premiers prix Loebner).

En 2014 l’université de Reading affirme dans un communiqué qu’Eugène Goostman est la première intelligence artificielle à avoir passé le test de Turing, en convainquant 33 % des juges de son humanité au cours d’une conversation de 5 minutes.

Seulement, pour y arriver, Eugène s’est présenté comme un garçon de 13 ans, ukrainien, et ne parlant pas vraiment bien l’anglais. En donnant à l’IA une personnalité aussi forte, cela rendait bien sûr beaucoup plus plausible qu’il connaisse peu de choses ou qu’il interprète mal certaines questions.

 

Une conception de l’intelligence à notre image

On pourrait ici conclure à une supercherie. Et pourtant, aussi vains que puissent sembler ces efforts d’imitation de l’humain, ils ne doivent pas être sous-estimés, ils ne peuvent pas tout à fait être considérés comme quantité négligeable.

Faites l’essai de parler avec un chatbot et vous verrez qu’il suffit généralement de quelques interactions pour débusquer une intelligence artificielle.

Faire croire à un utilisateur averti que l’on est un humain pendant plusieurs minutes n’est pas une tâche facile, même en usant de subterfuges. Il faut que l’agent virtuel ait une certaine connaissance du monde (on pourrait dire une certaine « culture »), car la variété des sujets que peuvent aborder les évaluateurs est infinie.

Il est d’ailleurs amusant de constater que les agents virtuels, qui initialement adoptaient des stratégies consistant à être capables de répondre à un maximum de questions, se sont au fil des années tournés vers des stratégies consistant à orienter la conversation vers un nombre limité de thématiques bien maîtrisées. L’agent Eugène, par exemple, a tendance à beaucoup parler de son hamster.

Mais il faut également que les agents conversationnels aient une compréhension fine du langage, non seulement des sujets, mais également des tournures. Il faut enfin qu’ils puissent répondre avec des phrases articulées de façon à la fois cohérente, naturelle et variée. On le voit, il y a de l’intelligence dans le fait de réussir à se faire passer pour un humain.

On objectera peut-être que c’est autant l’intelligence des concepteurs que l’intelligence artificielle qui est ici à l’oeuvre. Turing avait lui-même émis les principales objections que l’on pouvait opposer à son test et sans doute ne considérait-il pas lui-même qu’il s’agissait de mesurer l’intelligence des IA.

La postérité lui a d’ailleurs donné raison, puisque les chercheurs se sont majoritairement tournés vers d’autres formes de mesure des succès de l’IA, plus simples à mettre en oeuvre et plus pertinentes.

Il reste que, pour nous, humains, la pensée est intrinsèquement associée au langage.
Nous pouvons certes accepter que les voitures autonomes ou la victoire au jeu de go soient des progrès considérables de l’IA, mais nous sommes néanmoins fascinés par l’idée d’une intelligence artificielle à notre image. Il nous est pour ainsi dire difficile d’imaginer des intelligences évoluées qui prennent des formes non humaines.

Il n’est donc pas étonnant que nous restions en quête d’avoir avec les machines des conversations « humaines », comme un horizon à la fois indépassable et un peu effrayant…

 

 

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Les géants chinois à la conquête du monde : une opportunité pour la France?

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Jack Ma, fondateur d’Alibaba, déguisé en Michael Jackson lors de la fête annuelle du groupe le 8 septembre dernier.

Alibaba, Tencent, Xiaomi, … Ces dragons de l’innovation ouvrent leurs horizons pour conquérir de nouveaux marchés.

Alors que l’Hexagone sonne comme une terre promise pour beaucoup d’entre eux, les acteurs français peuvent eux aussi tirer leur épingle du jeu.

 

 

 


Une tribune de Annie Guo, fondatrice de Silkpay


 

 

Des vignobles bordelais aux immeubles du luxe parisiens, en passant par l’aéroport toulousain et les clubs de football, les Chinois investissent massivement sur le Vieux Continent, et en particulier en France. Face à ce phénomène qui ne cesse de prendre de l’ampleur, la Chine, aujourd’hui deuxième économie mondiale, change désormais de stratégie.

Baptisée « One Belt, One Road »[1], cette initiative gouvernementale vise à redessiner la carte des échanges commerciaux des nouvelles routes de la soie. Et ce, en vue de renforcer l’influence de l’Empire du Milieu dans le monde.

En ce sens, le pays, berceau de nouveaux usages technologiques, cherche également à stimuler l’innovation, et avec elle la naissance de géants à l’image d’Alibaba et JD.com dans le e-commerce ou encore de Huawei et Xiaomi dans la téléphonie.

 

Se développer à l’international, un nouveau défi

Nombre de ces entreprises chinoises sont ainsi devenues en quelques années de véritables colosses aux valorisations record.

Surnommé l’Apple chinois, Xiaomi a déposé début mai une demande d’introduction en Bourse sur la place de Hong Kong, donnant le coup d’envoi à une IPO pressentie comme l’une des plus importantes réalisées depuis 2014 et estimée aujourd’hui à 10 milliards de dollars.

À l’époque, c’était un autre géant de la tech, Alibaba, qui avait levé pas moins de 25 milliards de dollars. Son bras financier, Ant Financial, vient quant à lui de lever 14 milliards de dollars.

De même, les montants levés par les jeunes pousses chinoises font tourner la tête. Ofo, un des opérateurs leaders des vélos en libre-service depuis 2017, a ainsi déjà réalisé plusieurs levées de fonds dont une de 866 millions de dollars en ce début d’année 2018.

Mais face à un marché national de plus en plus saturé, ces financements astronomiques répondent à une nouvelle ambition : partir à la conquête du monde.

 

La France, un eldorado pour les pousses chinoises

Sur la carte du monde, la France attire encore et toujours. Elle couple d’ailleurs cet atout historique à une politique étrangère favorable au développement économique de la Chine.

Lors de sa première visite dans l’Empire du Milieu, le Président Emmanuel Macron a ainsi confirmé auprès du Secrétaire général Xi Jinping que la France et l’Europe participaient pleinement aux “nouvelles routes de la soie“.

L’Hexagone semble être un terrain de jeu tout trouvé pour les géants chinois. Huawei, troisième fabricant mondial de smartphones présent, a ainsi ouvert huit bureaux en France depuis 2003 dont quatre centres de recherche.

Avec des ambitions européennes affichées dès l’élaboration de leur business model, il y a fort à parier que les nouveaux acteurs chinois ne cessent de se multiplier sur le territoire. Le Vieux Continent n’aura in fine d’autre choix que de s’adapter.

 

L’Hexagone a tout à gagner

Au contraire de craindre que l’arrivée de ces colosses ne fasse de l’ombre aux acteurs français, il faut plutôt prendre exemple sur la mentalité chinoise, qui  pousse  à chercher des opportunités dans le changement et l’adversité.

La langue chinoise va même jusqu’à combiner les caractères “danger” et “opportunité” pour désigner une “crise. Les entreprises françaises devraient donc voir dans cette nouvelle concurrence une occasion de se réinventer et de capitaliser plus encore sur leurs forces pour créer des solutions innovantes « made in France ».

Mais rares seront ceux qui réussiront à combattre à armes égales avec les acteurs chinois et leurs politiques tarifaires agressives.

Par exemple sur le marché des VTC, la startup Taxify, lancée en 2017 à Paris et soutenue par le chinois Didi, souhaite détrôner l’américain Uber grâce à une guerre des prix brutale, rendue possible par une levée de fonds récente de 175 millions de dollars. Ainsi, il semblerait plus judicieux pour les acteurs hexagonaux de cultiver l’exception française.

 

La clé se trouve plus que jamais dans l’image de marque, associée au luxe et à l’élégance, qui colle à la peau de l’Hexagone depuis toujours. Qualité, savoir-faire, sens du service et du conseil… autant d’atouts que la France a su conserver et sur lesquels elle doit plus que jamais capitaliser.

C’est en effet en restant fidèles à leurs valeurs que les entreprises françaises parviendront à tirer leur épingle du jeu grâce à des parcours client sans couture et des services clients de grande qualité.

Après tout, n’est-ce pas là ce que viennent chercher les millions de chinois qui visitent la France chaque année ?

 

 


[1] « Une ceinture, une route »

 

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Comment l’IA va améliorer le marketing

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Ou comment l’avancée de l’intelligence artificielle peut dès à présent aider les professionnels du marketing à prendre de meilleures décisions…

 

 


Une tribune de Nikos Acuña, Chief Visionnary Officer, Sizmek


 

 

Nous savons que l’intelligence artificielle (IA) a déjà de multiples implications dans notre vie quotidienne. Netflix réussit par exemple à prédire les séries dont nous allons enchaîner les épisodes les uns après les autres, alors que Nest assimile nos préférences pour adapter au mieux la température au sein de nos foyers.

Même la médecine progresse rapidement en se servant de l’IA pour analyser de nombreuses données, dont celles liées à notre ADN, en vue de créer des traitements pour soigner différentes pathologies.

Si l’exécution de certaines tâches est plus facile, plus rapide et plus efficace grâce à la technologie, il semble logique que l’IA appliquée à la publicité rende également les marques et les agences plus intelligentes.

 

Des décisions fondées sur les données

C’est notamment la grande quantité de données et d’informations sur les consommateurs dont disposent désormais les professionnels du marketing qui rend tout cela possible. Bien trop nombreuses pour être traités, organisés ou manipulés par l’esprit humain, ces gigantesques volumes de données représentent à la fois un défi et une opportunité exceptionnelle pour les entreprises.

Car si nous ne savons pas encore comment exploiter tout le potentiel de ces données, nous savons déjà que celles-ci détiennent le secret que les publicitaires essaient de percer depuis l’époque des Mad Men : comment identifier clairement les personnes susceptibles d’acheter nos produits ?

Grâce à l’IA, nous pouvons donner un sens à ces données, en tirer des informations utiles et les exploiter pour déterminer le consommateur, le moment, le type de matériel connecté et le contexte adaptés avant de diffuser une publicité.

L’IA fait le gros du travail et s’avère un outil marketing puissant, dans la mesure où aucun être humain ne pourrait décider en une milliseconde où placer une publicité en analysant 300 milliards de signaux quotidiens.

 

Des perspectives inédites

Si tout cela semble déjà très prometteur, les capacités de l’IA vont bien au-delà d’une automatisation programmatique basique.

Si une plateforme optimisée par l’IA, comme celle de Sizmek, peut déjà fournir les informations nécessaires pour décider en une fraction de seconde quelle publicité diffuser et à quel endroit, les avantages ne s’arrêtent pas là pour les marques et les agences. La valeur de l’intelligence artificielle réside également dans sa capacité à analyser des quantités de données qui semblent incompréhensibles, à en tirer des informations pertinentes et à les rendre exploitables.

Ce qui offre des perspectives inédites pour les professionnels du marketing – voire les entreprises tout entières – qui peuvent ainsi utiliser l’IA pour optimiser leurs campagnes, toucher de nouveaux consommateurs et augmenter les conversions.

 

Une meilleure compréhension des consommateurs

L’IA nous aide en effet à identifier les dynamiques à l’œuvre dans les ensembles de données, mettant ainsi en lumière les facteurs qui favorisent la conversion. Elle aide ainsi les professionnels du marketing à optimiser leur ciblage vers un résultat recherché (par exemple, le pourcentage d’augmentation des applications d’assurance en ligne), sans avoir à s’appuyer sur des données tierces.

L’IA peut analyser des milliards de points de données – en observant ce qui fonctionne bien ou non – de manière à identifier les consommateurs les plus susceptibles d’être intéressés par un produit ou un service.

Au lieu d’utiliser un ensemble de paramètres spécifiques et restreints, tels que l’âge ou le sexe, les professionnels du marketing peuvent désormais choisir les éléments d’une campagne qui fonctionnent, et ainsi accéder à tout un vivier de nouveaux clients.

Cela représente un tournant majeur pour la publicité programmatique et pour la publicité en général. Il s’agit en effet d’un secteur dans lequel les entreprises misent depuis des décennies sur la connaissance de leurs « clients cibles ».

Aujourd’hui, l’IA pourrait leur donner de nouvelles informations sur l’identité de leurs clients, leur localisation ainsi que leurs aspirations…

 

Intelligence augmentée

Toutefois, l’IA ne se contente pas de rendre les technologies ou les plateformes plus intelligentes. Les dirigeants des entreprises, des services marketing et des campagnes publicitaires deviennent eux aussi « plus intelligents ».

Et ce changement majeur dans la manière d’apprendre à connaître les consommateurs, et de les atteindre en ligne, va modifier fondamentalement le travail des professionnels du marketing. Contrairement à ce que l’on a pu lire dans de nombreux rapports alarmants concernant la prise de pouvoir des robots voleurs d’emplois, l’IA augmentera notre capacité décisionnelle en nous fournissant un outil puissant pour déterminer qui nous devons cibler, et comment.

Ce sont les individus, et non les machines, qui tireront les ficelles à l’aide de technologies optimisées par l’IA, technologies qui leur permettront de progresser eux-mêmes et d’être mieux informés que jamais sur l’identité de leurs clients et sur la meilleure manière de les satisfaire, grâce à des messages créatifs délivrés au moment opportun.

 

Il incombe aux professionnels du marketing d’adopter une approche hybride – basée à la fois sur la nécessité de rester centré sur le consommateur, mais également sur la nécessité de maîtriser ce qui a trait aux données, en comprenant comment chaque application ou outil technologique mis à leur disposition peut les aider à être plus efficaces, et participer au succès de leur entreprise.

C’est la raison pour laquelle les professionnels du marketing ne sauraient désormais être confinés à une seule fonction, ou à un seul service. Ils joueront un rôle décisif en matière de gestion des données, de transformation digitale et d’orientation stratégique. La publicité programmatique optimisée par l’IA n’est qu’un début.

 

 

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