Le marché de l’influence connaît à son tour une forte inflation.
Selon une étude de Matriochka Influences portant sur plus de 600 collaborations rémunérées en France, le prix médian d’une campagne classique a augmenté de 30 % en un an.
Une hausse qui masque surtout une envolée spectaculaire des tarifs des micro-influenceurs, désormais particulièrement recherchés par les marques…
Entre 2025 et le premier semestre 2026, le prix médian d’une collaboration comprenant un contenu feed et un relais en story est passé de 4 000 à 5 200 euros, soit +30 %. À périmètre de profils constant, la progression atteint encore 24 %.
L’étude de Matriochka Influences présente une particularité : elle ne repose pas sur les tarifs affichés par les créateurs, mais sur plus de 600 collaborations effectivement négociées et payées, réalisées avec plus de 400 influenceurs en France. De quoi donner une photographie plus concrète de l’évolution du marché…
Les micro-influenceurs voient leurs tarifs exploser
Le principal enseignement de l’étude est aussi le plus surprenant : plus la communauté est petite, plus les tarifs ont progressé.
Les micro-influenceurs, comptant entre 10 000 et 50 000 abonnés, ont vu leur prix médian passer de 1 000 à 3 000 euros en un an. Soit une progression de 200 %.
Les mid-influenceurs, entre 50 000 et 500 000 abonnés, connaissent une hausse beaucoup plus contenue : leurs tarifs passent de 3 500 à 4 500 euros, soit +29 %. Avec près de 400 collaborations analysées, ce segment constitue le plus important de l’étude.
Les macro-influenceurs, entre 500 000 et 1 million d’abonnés, progressent pour leur part de 19 %, à 8 000 euros contre 6 750 euros en 2025.
Tout en haut de la pyramide, les méga-influenceurs, qui dépassent le million d’abonnés, affichent en revanche une stabilité à 13 000 euros.
Cette évolution réduit considérablement l’écart entre les deux extrémités du marché.
En 2025, une collaboration avec un méga-influenceur coûtait en médiane 13 fois plus cher qu’avec un micro-influenceur. Au premier semestre 2026, le ratio est tombé à quatre…

La taille de l’audience ne suffit plus à justifier le prix
Cette inversion illustre surtout une transformation des critères de valeur dans l’influence marketing.
Le nombre d’abonnés reste un indicateur important, mais il ne suffit plus à déterminer le prix d’un créateur. Les marques recherchent désormais des profils capables de produire des contenus engageants, crédibles et susceptibles de générer des résultats concrets.
Les micro et mid-influenceurs bénéficient particulièrement de cette évolution. Leur proximité avec leur communauté et leur capacité à produire des contenus perçus comme plus authentiques renforcent leur attractivité.
Les algorithmes des plateformes jouent également en leur faveur. Sur TikTok, Instagram ou YouTube, un contenu peut toucher une audience importante sans que son auteur dispose nécessairement de plusieurs centaines de milliers d’abonnés.
La portée ne s’achète donc plus uniquement à l’abonné : elle se gagne aussi par le contenu.
Cette nouvelle logique explique en partie pourquoi les marques réallouent davantage de budgets vers les profils intermédiaires, avec un objectif de performance plutôt que de simple visibilité.
Les collaborations dans la durée coûtent moins cher
Autre enseignement intéressant : la fidélité entre marques et créateurs semble permettre de limiter l’inflation.
Les influenceurs ayant reconduit d’une année sur l’autre une collaboration avec une marque ont augmenté leurs tarifs de seulement 10 % en médiane. C’est trois fois moins que la hausse observée sur l’ensemble du marché.
Un chiffre qui remet la relation au centre de la stratégie d’influence. Dans un marché où les prix progressent rapidement, conserver les bons créateurs peut donc avoir une véritable valeur économique.
La négociation devient elle aussi un enjeu stratégique. Pour les annonceurs, il ne s’agit plus simplement de sélectionner un influenceur sur la base de son audience ou de son taux d’engagement. Il faut être capable d’évaluer la valeur réelle de la collaboration, de négocier son prix et, lorsque cela est pertinent, de construire une relation durable.
« Cette inflation n’est pas un dysfonctionnement du marché, c’est un transfert de valeur : l’influence délivre des performances croissantes par rapport aux autres leviers marketing, et les marques arbitrent en conséquence. »
Pour Élodie Monchicourt-Lecuyer et Charlie Trouillebout, cofondateurs de Matriochka Influences, l’influence est désormais suffisamment performante pour s’installer au cœur du mix marketing.
L’influence entre dans l’âge de la performance
La hausse des prix traduit finalement la maturité croissante du marché. L’influence n’est plus cantonnée aux campagnes de notoriété ou aux opérations ponctuelles : elle devient un véritable levier marketing, en B2C comme en B2B.
Reste une question essentielle pour les annonceurs : les performances progressent-elles aussi vite que les tarifs ?
Car une inflation de 30 % ne peut être durable que si la valeur générée par les collaborations suit la même trajectoire. Pour les marques, la pression va donc désormais porter sur la mesure du ROI, la sélection des profils et la capacité à négocier les bons dispositifs.
Le marché semble en tout cas changer de logique. Les audiences XXL ne sont plus systématiquement les plus rentables et les petits créateurs peuvent désormais justifier des tarifs nettement supérieurs.
L’influence devient plus chère, mais aussi et surtout plus stratégique…
Méthodologie
L’étude Matriochka Influences sur les prix des collaborations influenceurs porte sur plus de 600 collaborations rémunérées, négociées et signées par l’agence menées avec plus de 400 influenceurs, en France, en 2025 et au premier semestre 2026. Les prix analysés correspondent à des montants réellement payés, et non à des tarifs déclarés. Le prix de référence est celui d’une collaboration classique : un contenu feed et un relai en story, hors droits de médiatisation. Sont exclues les collaborations UGC, dont les contenus sont diffusés uniquement sur les comptes sociaux de la marque. Les analyses reposent sur le prix médian. Les catégories d’influenceurs sont définies par le nombre d’abonnés : micro (10 000 à 49 999), mid (50 000 à 499 999), macro (500 000 à 999 999), mega (1 million et plus).