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ChatGPT : la publicité rapporte déjà un milliard par an à OpenAI

Moins de 200 jours après son lancement, ChatGPT Ads affiche un revenu annualisé d’un milliard de dollars…



Quelques mois après leur lancement, les publicités affichées dans les réponses de ChatGPT génèrent déjà un revenu annualisé d’un milliard de dollars. Un démarrage spectaculaire pour OpenAI, qui cherche désormais à transformer l’audience de ChatGPT en véritable moteur publicitaire.

Le chiffre est impressionnant, mais mérite une précision : il ne correspond pas à un milliard de dollars effectivement encaissés sur une année. Il s’agit d’une projection calculée à partir du rythme actuel des revenus.

Autrement dit, si l’activité publicitaire poursuivait exactement sa trajectoire actuelle pendant douze mois, elle générerait environ un milliard de dollars.

La nuance n’empêche pas le signal d’être particulièrement fort. En quelques mois seulement, OpenAI est parvenu à installer ChatGPT Ads auprès de plusieurs dizaines de milliers d’annonceurs, dans désormais plus de 40 pays.



Un marché qui s’ouvre progressivement

Lancé initialement aux États-Unis en février, ChatGPT Ads entre aujourd’hui dans une nouvelle phase de son développement.

Après une première période durant laquelle les campagnes étaient commercialisées avec l’appui d’équipes commerciales, d’agences et de partenaires, OpenAI accélère sur le libre-service.

Depuis le 31 août, les annonceurs éligibles en Europe, en Inde, au Moyen-Orient et en Afrique du Nord peuvent acheter directement leurs campagnes depuis l’Ads Manager de ChatGPT.

Une évolution importante pour les start-up et les PME, qui disposent ainsi d’un accès plus simple à l’inventaire publicitaire de la plateforme.

Cette ouverture doit également permettre à OpenAI d’élargir rapidement sa base d’annonceurs. L’entreprise met en avant un modèle destiné aussi bien aux marques internationales qu’aux entreprises lançant leur première campagne.

Au-delà de la commercialisation, ChatGPT Ads se structure progressivement comme une véritable plateforme publicitaire, avec des fonctionnalités de ciblage géographique, d’audiences personnalisées et d’optimisation des enchères pour les conversions, ainsi qu’un écosystème de partenaires technologiques et de mesure…



La publicité au cœur de la bataille du “search”

L’enjeu dépasse toutefois la seule monétisation de ChatGPT. Avec sa publicité, OpenAI s’attaque indirectement à l’un des territoires historiques de Google : la découverte et la décision d’achat.

Les utilisateurs ne viennent plus uniquement sur ChatGPT pour obtenir une réponse à une question. Ils peuvent également y rechercher un produit, comparer plusieurs options, demander des recommandations ou préparer un achat. Autant de moments qui présentent une forte valeur pour les annonceurs.

C’est précisément cette évolution des usages qui rend le modèle particulièrement intéressant. Là où la publicité traditionnelle repose largement sur les mots-clés, les audiences ou le contexte d’une page, OpenAI cherche à exploiter le contexte conversationnel pour afficher des annonces pertinentes au moment où l’utilisateur manifeste une intention.

Une évolution qui rapproche progressivement ChatGPT des moteurs de recherche, tout en contribuant à brouiller la frontière entre recherche, recommandation et publicité.



Un modèle économique sous surveillance

Pour OpenAI, les revenus publicitaires constituent également un moyen de diversifier un modèle économique qui repose déjà sur les abonnements, les offres professionnelles et entreprises ainsi que l’accès à ses API.

La publicité présente surtout un avantage stratégique : elle permet de monétiser l’audience gratuite sans nécessairement imposer un abonnement à l’ensemble des utilisateurs. Avec plus d’un milliard de personnes utilisant ChatGPT chaque semaine, le potentiel est considérable.

OpenAI affirme par ailleurs vouloir préserver une séparation nette entre publicité et réponses générées. Les annonces doivent être clairement identifiées et ne pas influencer les réponses de ChatGPT. Les annonceurs n’ont pas accès aux conversations privées des utilisateurs, tandis que ces derniers conservent le contrôle sur la personnalisation de leur expérience publicitaire.

Des garde-fous qui seront scrutés de près à mesure que la publicité prendra davantage de place dans l’interface.



Le milliard n’est qu’une étape

Face à Google et Meta, deux acteurs dont les modèles publicitaires sont construits depuis des années, OpenAI reste encore un nouvel entrant. Le milliard de dollars annualisé constitue donc moins un aboutissement qu’une première démonstration de potentiel.

D’autant que le chiffre communiqué ne correspond pas encore aux objectifs les plus ambitieux du groupe. Selon une estimation d’eMarketer citée dans les données communiquées, OpenAI viserait 2,5 milliards de dollars de revenus publicitaires en 2026.

L’écart entre le rythme actuel et cet objectif illustre l’enjeu des prochains mois. L’ouverture du libre-service à de nouveaux marchés pourrait accélérer fortement les recettes, notamment auprès des TPE et PME. Mais elle devra aussi s’accompagner d’une croissance durable des investissements publicitaires et d’une capacité à démontrer aux marques que les annonces conversationnelles peuvent générer des performances comparables, voire supérieures, aux formats plus traditionnels.


Avec ce premier milliard annualisé, OpenAI démontre en tout cas que ChatGPT peut devenir bien davantage qu’un service d’IA générative : un nouveau point de passage dans le parcours d’achat et, potentiellement, un nouveau géant de la publicité numérique.