À l’heure où l’information circule aussi bien à la télévision que sur YouTube, TikTok ou les réseaux sociaux, les Français ne placent pas tous leur confiance dans les mêmes médias.
Une étude menée par l’Agence 3icom avec OpinionWay révèle un paysage médiatique encore largement dominé par les formats traditionnels, mais de plus en plus marqué par les usages numériques des jeunes générations…
Le JT reste le média le plus crédible
Malgré la multiplication des sources d’information, le journal télévisé reste le média auquel les Français accordent le plus de crédit.
Il arrive en tête avec 29 % des suffrages, loin devant la presse écrite (17 %) et les émissions d’information à la télévision (13 %).
Cette confiance demeure particulièrement forte chez les générations les plus âgées. 36 % des plus de 65 ans placent ainsi le JT en tête de leurs sources d’information crédibles.
Mais son influence décroît nettement chez les jeunes : seuls 16 % des 18-34 ans lui accordent leur préférence.
À l’inverse, les plateformes numériques gagnent progressivement du terrain.
YouTube atteint 21 % chez les 25-34 ans, tandis que TikTok convainc 18 % des 18-24 ans.
À l’échelle de l’ensemble de la population, YouTube recueille désormais 9 % de confiance, devant la radio (7 %).
Un symbole du changement des usages : parmi les réseaux sociaux étudiés, TikTok est le plus jugé crédible (5 %), devant Facebook (4 %) et Instagram (3 %). Le podcast ferme le classement avec seulement 2 %.
| Média / format | Confiance | Mémorisation |
|---|---|---|
| Journal télévisé | 29% | 23% |
| Presse écrite | 17% | 13% |
| Émissions d’information TV | 13% | 12% |
| YouTube | 9% | 8% |
| Publications sur réseaux sociaux | – | 9% |
| Radio | 7% | 9% |
| Vidéos courtes (TikTok, Reels, Shorts) | – | 8% |
| TikTok (réseau social) | 5% | – |
| 4% | – | |
| 3% | – | |
| Podcast | 2% | 4% |
Les réseaux sociaux deviennent aussi des machines à mémoriser
La crédibilité n’est toutefois qu’un indicateur. Pour les médias comme pour les marques, la capacité à faire retenir une information est devenue tout aussi stratégique.
Sur ce terrain, le journal télévisé conserve également la première place. 23 % des Français estiment que c’est le format qui leur permet le mieux de mémoriser une information. Il devance la presse écrite (13 %) et les émissions télévisées (12 %).
Là encore, le facteur générationnel est déterminant. 29 % des seniors déclarent mieux retenir une information grâce au JT, contre seulement 11 % des 18-24 ans.
Chez ces derniers, les usages sont radicalement différents. Les publications sur les réseaux sociaux arrivent en tête, avec 20 %, suivies de près par les vidéos courtes de type TikTok, Reels ou Shorts (19 %).
Pour les plus jeunes, le réflexe n’est donc plus nécessairement de regarder un journal ou de lire un article, mais de découvrir une information au fil des contenus qu’ils consultent déjà quotidiennement.
Entre ces deux générations, les 35-49 ans affichent un profil plus hybride. Le JT reste leur premier format de mémorisation avec 24 %, mais les émissions de radio et les publications sur les réseaux sociaux obtiennent chacune 9 %.
Sur l’ensemble de la population, les publications sur les réseaux sociaux atteignent également 9 %, soit le même score que les émissions de radio. Les vidéos longues diffusées sur YouTube ou les plateformes de streaming (8 %) et les vidéos courtes (8 %) complètent le tableau.
YouTube s’impose face à la radio
Ces résultats illustrent surtout la montée en puissance de la vidéo dans les habitudes d’information. YouTube atteint désormais 9 % de confiance à l’échelle nationale, devant la radio.
Le phénomène est encore plus marqué chez les plus jeunes, qui privilégient les plateformes vidéo et les réseaux sociaux pour découvrir et consommer l’actualité.
La transformation dépasse donc la seule question des réseaux sociaux : elle témoigne d’un déplacement progressif des usages vers des environnements où l’information est intégrée à des flux de contenus beaucoup plus larges.
À l’inverse, le podcast reste en retrait. Avec seulement 2 % de confiance et 4 % de mémorisation, il apparaît davantage comme un format de complément ou d’approfondissement que comme une source d’information de référence.
Les médias traditionnels résistent, mais les usages se fragmentent
Pour autant, ces résultats ne signent pas la disparition des médias historiques. Le JT, la presse et la radio conservent une légitimité importante, notamment auprès des générations plus âgées.
« Les médias traditionnels conservent une place centrale dans les habitudes d’information des Français, tout en confirmant l’essor des plateformes numériques, particulièrement auprès des jeunes générations. »
souligne Douha Chérif, fondatrice et directrice de l’Agence 3icom :
Cette coexistence entre médias historiques et plateformes numériques constitue sans doute le principal enseignement de l’étude.
Les Français ne remplacent pas simplement un média par un autre : ils diversifient leurs sources et adaptent leurs pratiques en fonction de leur âge, de leurs usages et des formats auxquels ils sont exposés.
Pour Douha Chérif, cette évolution mérite d’être suivie de près :
« Dans un contexte où les sources et les formats se multiplient, mesurer la confiance accordée aux médias et leur capacité à faire retenir une information permet de mieux comprendre l’évolution des usages. »
Le paysage médiatique français apparaît ainsi de plus en plus fragmenté. La télévision conserve la confiance, tandis que les plateformes captent progressivement l’attention des nouvelles générations.
Pour les médias, comme pour les acteurs de la communication, l’enjeu sera désormais de composer avec cette coexistence de références, de formats et de réflexes d’information…
Méthodologie
Echantillon de 1050 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, enquête mené en Août 2026