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Avec la crise, le magasin physique reprend des couleurs

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Avec la crise, le magasin physique reprend des couleurs

La morosité économique ambiante semble, contre toute attente, être profitable aux magasins physiques…


Alors que les inquiétudes liées au pouvoir d’achat continuent de progresser en France, le commerce physique démontre une capacité de résistance que peu d’observateurs auraient anticipée.

Loin d’être fragilisé par l’essor du e-commerce ou par les arbitrages budgétaires des ménages, le magasin apparaît plus que jamais comme le point central du parcours d’achat.

C’est le principal enseignement de la cinquième édition du baromètre Shopper Trends 2026, réalisée par Imediacenter by Valiuz en partenariat avec Epsilon France et Publicis Media.

Cette étude, qui analyse les évolutions des comportements d’achat des Français, révèle un paradoxe : dans un contexte économique marqué par la prudence, les consommateurs continuent de privilégier les points de vente physiques, aussi bien pour leurs achats alimentaires que non alimentaires.



Une inquiétude croissante autour du pouvoir d’achat

Le climat économique pèse davantage sur le moral des Français. Selon l’étude, 44 % d’entre eux se déclarent pessimistes quant à l’évolution de leur pouvoir d’achat, contre 27 % un an plus tôt.

Cette dégradation du sentiment économique se traduit par une gestion plus rigoureuse des dépenses. Les ménages multiplient les arbitrages et n’hésitent plus à revoir certains postes de consommation jusqu’ici relativement préservés, notamment la santé ou l’éducation.

Si la notion de plaisir reste présente dans l’acte d’achat, elle s’effrite progressivement. Les consommateurs adoptent des comportements plus rationnels, privilégient les achats planifiés et recherchent davantage de maîtrise dans leurs dépenses.

L’étude note notamment une progression significative des achats en grande quantité, signe d’une volonté d’anticiper d’éventuelles hausses de prix ou de réaliser des économies d’échelle.

Cette prudence accrue ne se traduit toutefois pas par un désengagement du commerce physique. Au contraire, les consommateurs semblent considérer le magasin comme un moyen de mieux contrôler leurs achats.



L’alimentaire : le magasin reste la référence absolue

Dans les courses du quotidien, la domination du point de vente physique demeure incontestable.

Pratiquement tous les Français continuent d’effectuer leurs achats alimentaires en magasin et la part des consommateurs qui privilégient exclusivement ce canal progresse même cette année.

L’inflation et les tensions budgétaires semblent renforcer cette tendance.

Les consommateurs fréquentent davantage les magasins mais réduisent la taille de leurs paniers afin de mieux piloter leurs dépenses.

Le commerce alimentaire en ligne conserve sa place dans les habitudes de consommation, mais essentiellement comme une solution de praticité.

Les consommateurs qui combinent achats physiques et achats en ligne le font principalement pour gagner du temps, bénéficier de la livraison à domicile ou simplifier leur organisation familiale.

Les familles avec enfants et les actifs de 35 à 49 ans figurent parmi les profils les plus adeptes de cette approche hybride.

Cette logique confirme que l’omnicanalité s’installe durablement, sans pour autant remettre en cause le rôle central du magasin.



L’hypermarché retrouve des couleurs

Parmi les différents formats de distribution, l’hypermarché signe l’une des progressions les plus remarquables du baromètre.

Près de trois Français sur quatre déclarent y avoir effectué leurs achats récemment, un niveau en forte hausse par rapport à l’année précédente. L’hypermarché demeure également le format préféré des consommateurs, devant le supermarché et les enseignes de hard discount.

Cette performance s’explique notamment par sa capacité à répondre aux attentes actuelles des ménages : concentration des achats, recherche de promotions, largeur de l’offre et optimisation des déplacements.

L’étude rappelle également que la décision d’achat reste largement influencée par le point de vente lui-même. Malgré une préparation plus rigoureuse des courses, près de 80 % des arbitrages alimentaires continuent de se faire directement en magasin.

Les promotions demeurent le principal déclencheur d’achat spontané, particulièrement auprès des consommateurs les plus âgés.

Les jeunes générations, quant à elles, se montrent davantage sensibles à l’univers de marque, au packaging et aux dispositifs de communication présents dans les galeries commerciales.



Dans le non-alimentaire, le digital prépare l’achat mais le magasin le concrétise

Le parcours d’achat non alimentaire apparaît plus hybride.

Les consommateurs multiplient les allers-retours entre les canaux digitaux et physiques afin de comparer les prix, consulter les avis, vérifier la disponibilité des produits ou préparer leur achat.

Cette phase de recherche préalable est désormais devenue la norme. Elle concerne près de neuf consommateurs sur dix et s’effectue majoritairement en ligne.

Pour autant, le commerce physique conserve un rôle déterminant au moment de la décision finale.

Qu’il s’agisse d’électroménager, d’articles de sport, de bricolage ou d’équipement de la maison, le point de vente reste le canal privilégié pour conclure l’achat.

Cette préférence s’explique par les avantages spécifiques du magasin physique.

Voir, toucher et tester les produits demeure une attente forte pour une large majorité de consommateurs. Le conseil des vendeurs continue également de jouer un rôle important, en particulier pour les achats impliquants ou techniques.

Face à des consommateurs plus exigeants et plus prudents, le magasin apporte un niveau de réassurance que les parcours exclusivement digitaux peinent encore à reproduire.



Les centres commerciaux renforcent leur rôle de destination

Autre enseignement de cette édition : la fréquentation des centres commerciaux reste soutenue et s’inscrit dans les habitudes hebdomadaires des Français.

Plus de sept consommateurs sur dix s’y rendent avant tout pour centraliser plusieurs achats au même endroit.

La facilité d’accès et la diversité de l’offre figurent également parmi les principaux facteurs d’attractivité.

Les centres commerciaux ne sont plus uniquement perçus comme des lieux transactionnels. Ils deviennent progressivement des espaces de vie où se mêlent achats, restauration, loisirs et moments de partage.

Cette dimension est particulièrement visible chez les jeunes consommateurs, qui accordent davantage d’importance à l’expérience globale et à l’atmosphère du lieu qu’aux seules considérations pratiques.

Dans un contexte où le commerce cherche à recréer du lien avec les consommateurs, cette évolution confirme l’importance croissante de l’expérience physique.



Le retail media physique gagne en influence

Enfin, le baromètre met en évidence la montée en puissance du retail media en point de vente.

Les consommateurs sont désormais largement conscients de leur exposition aux messages publicitaires diffusés durant leur parcours d’achat.

Les écrans digitaux, en particulier, connaissent une progression spectaculaire et deviennent des points de contact de plus en plus visibles dans les magasins et centres commerciaux.

Cette évolution accompagne la démocratisation du Digital Out Of Home (DOOH) dans les univers commerciaux. Les dispositifs publicitaires digitaux s’intègrent désormais à l’ensemble du parcours shopper et jouent un rôle croissant dans les décisions d’achat.

Le phénomène est particulièrement marqué chez les jeunes générations, davantage sensibles aux contenus dynamiques et aux messages contextualisés.



Le magasin physique, pilier du commerce de demain

Si la consommation se transforme sous l’effet du digital, de l’inflation et des nouvelles attentes des consommateurs, une constante demeure : le magasin physique conserve une place centrale dans les parcours d’achat.

Le digital facilite la préparation, la comparaison et l’information. Mais lorsqu’il s’agit de rassurer, d’expérimenter un produit ou de finaliser une décision, le point de vente reste largement privilégié.

Dans un contexte économique marqué par l’incertitude, cette capacité à offrir de la proximité, de l’expérience et de la confiance apparaît plus que jamais comme l’un des principaux atouts du commerce physique.

Loin d’être fragilisé, celui-ci semble avoir trouvé dans les nouvelles habitudes de consommation les ressorts de son renouveau…