Alors que de plus en plus d’internautes se tournent vers ChatGPT, Perplexity ou Copilot pour obtenir des réponses, une nouvelle étude de Seeders montre que les règles de la visibilité en ligne sont en train d’évoluer.
La question était simple : être bien référencé sur Google permet-il automatiquement d’être recommandé par les intelligences artificielles ?
En analysant la corrélation entre les performances SEO traditionnelles (trafic, mots-clés, autorité de domaine) et le nombre de citations générées par les modèles d’IA, les résultats mettent en lumière des dynamiques surprenantes.
ManoMano, ou l’alignement parfait entre SEO et algorithmes génératifs
L’étude Seeders révèle que la célèbre marketplace spécialisée dans le bricolage et le jardinage génère des statistiques hors normes : elle est associée à plus de 225 000 mots-clés organiques sur Google et cumule plus de 10 000 citations IA. Elle domine ainsi la concurrence sur le territoire français.
Comment expliquer cette omniprésence au sein des intelligences artificielles ?
ManoMano a su, volontairement ou non, construire un écosystème de contenu qui séduit à la fois les robots d’indexation de Google et les larges modèles de langage (LLM) qui propulsent ChatGPT.
Les moteurs d’IA s’alimentent d’informations riches, textuelles, structurées et conversationnelles. Les guides d’achat approfondis, les tutoriels de bricolage étape par étape, les comparatifs de produits et les foires aux questions exhaustives mis en place par la marque offrent un terreau sémantique parfait pour l’IA générative.
ManoMano ne se contente pas d’aligner des pages produits ou des fiches techniques froides à but purement transactionnel ; l’entreprise fournit du contexte, des explications et des conseils.
Or, c’est précisément ce contenu éditorial à forte valeur ajoutée qui est aspiré, digéré puis restitué par des outils comme ChatGPT, garantissant à la licorne française d’être constamment recommandée comme la référence incontournable de son secteur.
Le paradoxe Doctolib
L’étude met également en évidence plusieurs spécificités françaises.
En raison de l’absence d’AI Overview de Google dans l’Hexagone, ChatGPT concentre à lui seul 44 % des citations observées. Mais les résultats révèlent surtout plusieurs paradoxes.
L’exemple de Doctolib est éloquent : avec 8,8 millions de visiteurs et un DR de 91, la plus grande licorne française est quasiment ignorée par les IA, avec seulement 163 citations.
La raison ? Son trafic repose sur un service purement utilitaire (comme le fait de réserver un médecin), sans offrir le contenu informatif dont se nourrissent les LLM.
La leçon à en tirer est claire : une domination sur Google ne garantit pas la visibilité dans ChatGPT. Les moteurs génératifs délaissent les pages fonctionnelles au profit des ressources faisant figure d’autorité.
SEO et GEO : une complémentarité plutôt qu’une opposition
En définitive, le contraste entre ManoMano et Doctolib ne signe pas la mort du SEO traditionnel, mais révèle plutôt une scission des usages.
Google reste et restera le roi de la requête transactionnelle, utilitaire et locale : le terrain de jeu parfait pour Doctolib.
À l’inverse, les intelligences artificielles comme ChatGPT s’imposent comme les nouveaux maîtres de la recherche exploratoire, du conseil et de la pédagogie.
Pour les entreprises, l’enjeu ne réside pas dans l’abandon du SEO au profit exclusif du GEO, mais dans l’articulation de ces deux piliers.
Afin de maintenir leur empreinte de marque et exister dans l’univers des réponses génératives, les organisations devront réinvestir le champ éditorial et accepter de redevenir ce que les impératifs de trafic immédiat leur avaient parfois fait oublier : des créatrices de savoir…
A propos de l’étude
“Être bien positionné sur Google garantit-il une visibilité sur ChatGPT ?” est une étude originale menée par Seeders qui analyse 147 licornes réparties dans 12 marchés européens (Espagne, Italie, France, Portugal, Royaume-Uni, Pays-Bas, Allemagne, Autriche, Suisse, Belgique, Danemark et Suède). Elle s’appuie sur le coefficient de corrélation de Spearman appliqué aux données d’Ahrefs et d’Ahrefs AI Citations, collectées en mai 2026. L’étude met en évidence des corrélations et non des relations de causalité directe.
