L’inflation persistante et l’incertitude économique ont donné naissance à un nouveau profil de consommateur en Europe : l’acheteur expert.
Selon la dernière analyse de McKinsey & Company sur le sentiment des consommateurs, 70 % des Européens adoptent désormais des stratégies de Trading Down.
Cette quête systématique de valeur et de marques distributeurs transforme radicalement le parcours d’achat.
Pour les décideurs e-commerce, le défi est de taille : le consommateur utilise désormais l’IA générative et des assistants externes pour comparer facilement les offres en amont du site visité.
Pour capter cette demande volatile, l’infrastructure e-commerce doit s’aligner sur les nouveaux modes de consommation de la donnée, y compris les protocoles ouverts comme le Universal Commerce Protocol (UCP).
Par Stéphane VENDRAMINI, CEO de Sensefuel
1 – L’évasion cognitive : s’aligner sur les standards de ChatGPT, Gemini et la SGE
Le paysage de la recherche a muté. Des outils comme ChatGPT et Gemini ont éduqué les clients à obtenir des conseils personnalisés et des solutions complètes plutôt que de simples listes de produits.
Parallèlement, la SGE (Search Generative Experience) de Google synthétise désormais, dans plus de 200 pays dans le monde (la France est l’exception…), les informations et les avis directement dans l’interface de recherche, captant l’attention de l’utilisateur avant même qu’il n’atteigne votre site.
Si un moteur de recherche e-commerce reste limité à une simple correspondance par mots-clés, cela créé une rupture d’expérience fatale.
Le client, habitué à la fluidité conversationnelle des IA modernes, subit une « fatigue décisionnelle » face à un moteur interne trop rigide.
Il repart alors instantanément vers ces outils externes pour obtenir le conseil et la synthèse qu’il ne reçoit pas encore sur le site.
Avec le déploiement d’une recherche conversationnelle, il est possible d’apporter cette intelligence directement dans la barre de recherche, verrouillant ainsi le tunnel de vente en devenant son propre assistant de vente IA.
2 – Reprendre le contrôle via les endpoints de Search & Discovery
Au-delà de l’expérience utilisateur, l’enjeu est infrastructurel. Pour interagir avec un catalogue, les IA ont besoin de « consommer » les données de manière structurée.
Le standard universel Universal Commerce Protocol (UCP) vise une interopérabilité totale entre les IAs grand public et l’infrastructure e-commerce.
La réussite du marchand repose alors sur sa capacité à exposer des endpoints de Search & Discovery performants.
Plutôt que de laisser une IA externe « deviner » ses stocks ou ses priorités par un simple crawl web (souvent obsolète), l’exposition de ses propres endpoints permet de garder la main.
Il est possible de maîtriser enfin quels produits sont poussés vers les agents d’achat, en fonction de leur désirabilité, des contraintes de stock ou des objectifs de marge.
3 – Transformer le « Trading Down » en stratégie de croissance
Le comportement de recherche de prix identifié par McKinsey n’est pas une fatalité, mais une opportunité de merchandising de précision.
Un moteur de recherche classique ignore souvent cette intention de « valeur » poussant involontairement le client à repartir comparer ailleurs.
En utilisant le Deep Learning, il est possible d’identifier en temps réel les individus sensibles au prix.
Il réorganise dynamiquement les résultats pour mettre en avant les alternatives à forte marge, comme les marques propres (MDD), qui répondent précisément au besoin de « petit prix » détecté. Cette approche protège la rentabilité tout en satisfaisant l’exigence budgétaire du client.
4 – L’hyper-personnalisation : la réponse aux besoins individuels
La fracture identifiée par McKinsey entre une Gen Z en quête d’inspiration et des seniors en quête de clarté impose une agilité totale.
La personnalisation ne peut plus être asynchrone et/ou au segment. Il est fondamental d’individualiser les résultats dès les premières interactions en analysant le comportement en session (temps passé, produits visités, mots clés utilisés, …).
Cette réactivité réduit drastiquement l’attrition et améliore immédiatement la Lifetime Value (LTV) en présentant le bon produit, au bon prix, adapté aux désirs propres de chaque individu.
