Sur LinkedIn, les chiffres racontent une histoire en apparence contradictoire. Les mentions « J’aime » chutent de 13 %, les commentaires de 17 %, les partages de 10 %… et pourtant, l’engagement global bondit de près de 14 %.
Comment expliquer ce grand écart ? C’est précisément la question au cœur de la nouvelle étude annuelle de Metricool, basée sur l’analyse de plus de 670 000 publications sur le réseau social professionnel…
LinkedIn en 2026 : l’ère des « interactions invisibles »
La clé de cette apparente contradiction réside dans l’émergence de ce que Metricool nomme les « interactions invisibles » : clics sur les liens, vues de vidéos, défilement de carrousels, temps passé sur un contenu.
Ces signaux d’engagement, discrets par nature car ils ne sont pas visibles du reste du réseau, sont désormais davantage valorisés par l’algorithme de LinkedIn.
« Pendant des années, les social media managers se sont appuyés sur les likes et les commentaires comme principaux indicateurs d’engagement, mais cette réalité évolue.
— Juan Pablo Tejela, CEO et co-fondateur de Metricool
Certains des signaux les plus importants sur LinkedIn sont désormais moins visibles, mais souvent plus significatifs. »
Ce glissement traduit une évolution plus profonde de la plateforme, dont l’algorithme privilégie désormais la crédibilité, la pertinence et des formes d’engagement qualitatives plutôt que purement quantitatives. LinkedIn ressemble de moins en moins à un réseau de popularité, et de plus en plus à un espace de diffusion d’expertise.
Profils personnels vs pages Entreprises : deux logiques distinctes
L’édition 2026 de l’étude intègre pour la première fois des données croisées entre pages Entreprises et profils personnels, révélant des dynamiques très différentes.
Si les deux types de comptes génèrent un nombre comparable d’impressions par publication, les profils personnels produisent 63 % d’interactions supplémentaires en moyenne — un avantage notable, en particulier pour les marques de petite taille ou les entrepreneurs.
À l’inverse, les pages Entreprises conservent un atout stratégique majeur : elles sont partagées 17 fois plus que les profils personnels. Un levier essentiel pour diffuser des contenus soignés à grande échelle et asseoir une crédibilité institutionnelle.
Formats : le fossé entre ce qu’on publie et ce qui performe
L’un des enseignements les plus frappants de l’étude concerne le décalage croissant entre les formats les plus utilisés et ceux qui génèrent réellement de la performance.
Images et vidéos représentent à elles seules près de 75 % des contenus publiés par les pages Entreprises — mais ce sont les carrousels, les publications multi-images et les sondages qui dominent en matière d’impressions et d’engagement.
Le cas de la vidéo est particulièrement instructif.
Format star sur LinkedIn en 2025, elle représente aujourd’hui le contenu le plus produit sur les profils personnels — mais ses performances restent inférieures aux carrousels et aux visuels multiples.
Metricool en tire une conclusion nette : l’adoption d’un format peut dépasser son efficacité réelle. La vidéo a été sur-adoptée avant même que les usages et l’algorithme ne soient pleinement prêts à la valoriser.
Quant aux carrousels, les données sont éloquentes : ils génèrent 11 fois plus d’interactions que les images simples, pourtant publiées 6 fois plus souvent. Un rapport effort/résultat qui devrait convaincre les social media managers de revoir leurs priorités éditoriales.
Ce que cela change pour votre stratégie
Ces résultats invitent à repenser les tableaux de bord de reporting : un faible nombre de likes ne signifie plus nécessairement un faible impact.
Ils encouragent également à miser davantage sur des formats interactifs comme les carrousels, à valoriser les prises de parole personnelles pour amplifier l’engagement, et à ne pas confondre tendance d’usage et performance réelle.
LinkedIn se complexifie. Les marques et créateurs qui sauront lire ces nouveaux signaux — moins visibles, mais plus révélateurs — prendront une longueur d’avance.
Méthodologie :
Metricool a analysé 673 658 publications LinkedIn publiées par 63 108 comptes dans le monde entre janvier-février 2025 et janvier-février 2026. L’étude complète est téléchargeable ici

