Longtemps considérée comme un comportement de niche, la seconde main est aujourd’hui une réalité de masse.
Selon la dernière édition du Baromètre Seconde main publié par l’agence d’études iligo, 66 % des Français déclarent acheter ou vendre des produits d’occasion, une proportion quasi identique à 2025 (-1 point).
Le marché, estimé à 14 milliards d’euros en France, confirme ainsi son passage à l’âge adulte…
Seconde main : plus de vendeurs que d’acheteurs
Si 78 % des Français se disent intéressés par la seconde main (stable vs 2025), les comportements révèlent une asymétrie significative : 74 % déclarent acheter (-4 points) contre 78 % qui revendent (+3 points).
Un écart qui traduit la pression du contexte économique — les ménages cherchent davantage à générer du cash qu’à acquérir.
Cette dynamique est particulièrement marquée chez les 35-49 ans et les CSP+.
Le prix, moteur central, loin devant l’écologie
Les motivations restent stables dans leur hiérarchie.
Du côté des vendeurs, se débarrasser d’objets inutiles ou encombrants arrive en tête (46 %, -6 pts), suivi du gain d’argent (41 %, -8 pts) et de l’accès à des produits de qualité à moindre coût (39 %, -10 pts).
Le recul global de ces items s’explique par l’introduction de nouveaux critères dans l’édition 2026, notamment l’argument écologique (37 %) ou la seconde main perçue comme alternative au luxe neuf (20 %).
À l’achat, 74 % des consommateurs sont attirés avant tout par les prix bas (-5 pts), quand 53 % mentionnent le plaisir de chiner (-2 pts) et 49 % invoquent des raisons écologiques (stable).
L’environnement reste un argument présent mais clairement secondaire : le pouvoir d’achat garde la main.
Les catégories : les vêtements en tête, le luxe progresse
Le podium des catégories reste inchangé : les vêtements dominent largement, aussi bien à l’achat (72 %) qu’à la vente (74 %), devant les biens culturels, le mobilier/décoration et les jeux vidéo.


Mais une tendance de fond mérite attention : la maroquinerie, l’outillage et les produits de luxe gagnent du terrain des deux côtés, signalant un élargissement progressif vers des segments à plus forte valeur perçue.
La confiance, premier enjeu de la seconde main
Le principal frein à la seconde main a changé de nature. Ce n’est plus le doute sur la qualité des produits mais la crainte des arnaques, citée par 34 % des non-consommateurs (+2 pts).
Les préoccupations liées à l’état des articles (29 %, -6 pts) et à l’hygiène (27 %, -3 pts) suivent.
Pour les acteurs du secteur, le message est clair : la réassurance et la sécurisation des transactions restent les leviers de conversion prioritaires.
Un marché dominé par le digital
Les canaux numériques restent dominants avec 58 % des achats et 63 % des ventes.
À l’achat, les plateformes spécialisées sont utilisées par 58 % des Français (-6 pts), talonnées par les sites généralistes à 57 % (+2 pts).
À la vente, l’ordre s’inverse : les sites généralistes arrivent en tête avec 63 % (+2 pts), devant les plateformes spécialisées (59 %, -3 pts).
Les marchés physiques se maintiennent à 47 % à l’achat et 33 % à la vente, confirmant leur rôle complémentaire mais non central.
Une pratique désormais bien ancrée dans les habitudes de consommation
Pour Hortense Brière, directrice du pôle Consumer Experience chez iligo, le constat est sans ambiguïté :
« La seconde main est aujourd’hui un mode de consommation installé dans le quotidien des Français qui y voient toujours principalement un avantage économique dans un contexte où le pouvoir d’achat des ménages est à la baisse.
Les vêtements restent la catégorie principale mais d’autres catégories émergent comme la maroquinerie et les produits de luxe montrant que la seconde main s’ouvre désormais à tous et à tout type de produits.»
Après plusieurs années de forte croissance, le marché de la seconde main entre donc dans une phase de stabilisation et de maturité.
La vraie question, pour les années à venir, sera de savoir si la contrainte économique continuera de porter ce modèle — ou si une consommation choisie, davantage guidée par des valeurs durables, prendra progressivement le relais.
Source : 6ème Baromètre Seconde main iligo — Enquête CAWI réalisée du 16 au 20 février 2026 auprès de 1 006 Français représentatifs (18-74 ans).
