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Creator Economy : quand l’influence devient une industrie

Évalué à 217 milliards de dollars en 2026, le marché de l’influence a changé d’échelle et se structure aujourd’hui autour de nouveaux modèles économiques…


La Creator Economy change d’échelle. Longtemps associée aux collaborations entre influenceurs et marques sur les réseaux sociaux, elle constitue désormais une véritable industrie, structurée autour des créateurs, des plateformes, des agences, des entreprises technologiques et des investisseurs.

Évalué à 217,3 milliards de dollars en 2026, le marché mondial progresse de 26,2 % sur un an et pourrait dépasser les 1 200 milliards à l’horizon 2033.

La France confirme également son poids dans cet écosystème, avec un marché estimé à 10,1 milliards de dollars…




Creator Economy : une industrie qui dépasse les 217 milliards en 2026

Selon le Creator Economy Report 2026, présenté le 4 novembre à l’occasion de la Paris Creator Week, le secteur pèse désormais 217,3 milliards de dollars dans le monde, soit une progression de 26,2 % en un an.

Réalisée par Coherent Market Insights (CMI), en collaboration avec BNP Paribas et Influential, cette troisième édition du rapport confirme l’accélération d’un marché qui a plus que triplé depuis 2020, passant de 65,2 à 217,3 milliards de dollars.

Et la dynamique pourrait encore s’intensifier : les projections de l’étude évaluent sa valeur à 570,6 milliards de dollars en 2030, puis à 1 216 milliards en 2033.

Au-delà de sa croissance, l’économie des créateurs représente désormais un poids économique significatif. Elle pèserait environ 5,6 millions d’emplois en équivalent temps plein à l’échelle mondiale.


« En quelques années, la Creator Economy est passée d’un phénomène porté par les réseaux sociaux à une véritable industrie mondiale, qui pourrait dépasser les 1 200 milliards de dollars d’ici 2033.

Cette croissance s’accompagne d’une transformation profonde du secteur : les créateurs deviennent des acteurs économiques à part entière, les entreprises se structurent et les marques repensent leurs collaborations avec eux. »

Jokariz (Marc Lesage-Moretti), président et cofondateur de la Paris Creator Week



Les marques financent 80% du marché

La croissance de la Creator Economy repose largement sur les investissements des annonceurs.

En 2026, leurs dépenses atteignent 172,8 milliards de dollars, soit 79,5 % de la valeur totale du marché, contre 77,2 % en 2021.

Les partenariats et opérations de sponsoring constituent la première source de revenus, avec 49,8 % du marché mondial.

Viennent ensuite les revenus publicitaires associés aux contenus des créateurs (22,7 %), puis les abonnements payants (13,8 %). Les commissions d’affiliation (7 %), la vente de produits dérivés (3,7 %) et les pourboires et dons (3 %) complètent le modèle.


Cette dépendance aux marques ne signifie toutefois pas que les créateurs captent l’essentiel de la valeur générée.

Sur les 217,3 milliards de dollars du marché, 92,6 milliards leur reviennent directement, soit 42,6 %. Les plateformes et réseaux sociaux en absorbent 35,2 %, les fournisseurs de solutions technologiques 14,7 % et les agences et prestataires de services 7,5 %.

La répartition devrait néanmoins évoluer. D’après les projections du rapport, la part revenant aux créateurs pourrait atteindre 45,8 % en 2033, tandis que celle des dépenses financées par les annonceurs progresserait à 82,5 %.



La France, troisième marché européen

La dynamique mondiale se retrouve sur le marché français. Évaluée à 10,1 milliards de dollars en 2026, contre 8,1 milliards en 2025, la Creator Economy hexagonale progresse de 23,7 % sur un an.

Un rythme particulièrement soutenu, près de deux fois supérieur à la croissance annuelle moyenne observée entre 2020 et 2025 (11,8 %).

La France représente aujourd’hui 4,6 % du marché mondial et 24,7 % du marché européen.

Elle se classe au 7ᵉ rang mondial et au 3ᵉ rang européen, derrière l’Allemagne et le Royaume-Uni. Elle devance notamment le Japon (8,3 milliards de dollars), la Corée du Sud (6,3 milliards) et le Brésil (5,2 milliards).


Les perspectives sont également ambitieuses : selon les estimations de CMI, le marché français pourrait atteindre 19,2 milliards de dollars dès 2029, soit presque le double de sa valeur actuelle.

L’empreinte économique du secteur dépasse par ailleurs les seuls revenus des créateurs.

La Creator Economy représenterait environ 227 000 emplois en équivalent temps plein en France, directs et indirects, ainsi que près de 539 000 activités et postes rémunérés dans l’ensemble de l’écosystème. Sa contribution directe à la valeur ajoutée nationale est estimée à 0,17 % du PIB.


La professionnalisation reste toutefois inégale selon les marchés. D’après une enquête Kolsquare/B2B International citée dans le rapport, 75,3 % des professionnels français interrogés estiment avoir dépassé un stade très précoce dans leur stratégie d’influence. Ils sont 86,8 % au Royaume-Uni.



Les acquisitions accélèrent, signe d’un marché qui se structure

Autre indicateur de maturité : la multiplication des opérations de fusion-acquisition.

Selon les données de Quartermast Advisors, 87 acquisitions d’entreprises de la Creator Economy ont été recensées dans le monde en 2025, contre 69 en 2024, soit une hausse de 26,1 %.

Le mouvement se poursuit en 2026. Au premier semestre, 70 opérations ont été enregistrées, en progression de 23 % par rapport à la même période de l’année précédente. L’Amérique du Nord concentre 64,3 % des entreprises acquises, contre 27,1 % en Europe.


Agences d’influence, studios de production, plateformes technologiques et entreprises construites autour de créateurs attirent désormais l’attention des investisseurs et des grands groupes.

La France participe à cette consolidation, avec 13 opérations impliquant des acteurs nationaux recensées entre 2021 et 2026, dont six au cours des huit premiers mois de cette année.



Les créateurs s’imposent dans la stratégie de réputation des marques

La transformation du secteur est aussi stratégique. Les créateurs ne sont plus seulement sollicités pour accroître la visibilité d’un produit ou générer des ventes.

Les marques les intègrent progressivement à des dispositifs de communication de plus long terme, avec des objectifs liés à leur image, leur crédibilité et leur réputation.

Aux États-Unis, 35 % des acheteurs de prestations publicitaires auprès des créateurs placent ainsi la réputation et la confiance parmi leurs trois principaux objectifs, selon les données d’Advertiser Perceptions reprises dans le rapport.

La notoriété reste prioritaire (43 %), devant la réputation et la confiance (35 %) et les ventes en ligne (32 %).

En France, cette évolution commence également à se manifester, notamment dans la communication corporate et la prise de parole des dirigeants.

Le rapport cite les initiatives d’Havas et de Format comme exemples de collaborations qui dépassent le cadre traditionnel de l’influence commerciale.



À mesure que la Creator Economy se professionnalise, la relation de confiance entre les créateurs et leurs communautés devient ainsi un actif stratégique pour les entreprises.

Un changement qui confirme le nouveau statut de ces acteurs : au-delà de leur capacité à mobiliser une audience, ils deviennent des partenaires à part entière des stratégies de communication des marques.







Méthodologie :

Le Creator Economy Report 2026, publié par la Paris Creator Week, a été réalisé par Coherent Market Insights avec BNP Paribas et Influential. Il s’appuie notamment sur 369 entretiens menés en 2025 auprès de créateurs, plateformes, acteurs technologiques, agences et annonceurs. Les chiffres de marché 2026 sont des estimations modélisées ; les projections à horizon 2030-2033 reposent sur des hypothèses de croissance.