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Comment rester visible à l’ère du GEO ?

Retour sur un an de projets GEO dans six secteurs : ce qui marche vraiment, chiffres à l’appui…


En 2026, l’IA a déjà transformé la recherche en ligne. La véritable question pour les CMO n’est plus « faut-il s’y mettre ? », mais : « ma marque est-elle visible dans les réponses générées par les IA, et sous quel angle ? ». 

Cet article s’appuie sur un an de projets GEO (Generative Engine Optimization) menés dans des secteurs variés (banque, santé, IT, assurance, emploi, immobilier).

L’objectif : partager des enseignements concrets, loin du discours théorique…



Par David Eichholtzer, fondateur de l’agence WAM



GEO : comprendre la rupture pour agir

Pendant plus de dix ans, le SEO reposait sur une économie du clic : produire du contenu, être classé, capter le trafic.

Les moteurs de réponse (ChatGPT, Gemini, Perplexity, Google AI Overviews) ont rompu ce modèle. Ils ne classent plus des liens, ils synthétisent l’information. La marque n’est plus la destination finale, mais une source éventuelle, parfois invisible.

Conséquence directe : la découverte, la comparaison et une partie de la décision se font désormais avant tout clic, dans les réponses générées par les IA.

La visibilité se joue en amont, dans les modèles eux‑mêmes.



1. Earned Media : essentiel, mais très sectoriel

Premier enseignement clé : la présence média influence fortement les sources citées par les LLM, mais selon des logiques sectorielles distinctes.

  • IT / ERP : le Owned Media domine (ex. SAP et son écosystème éditorial intégré).
  • Santé : cabinets spécialisés et acteurs du marché arrivent avant les médias.
  • Banque : comparateurs et courtiers structurent le parcours.
  • Local / Auto : annuaires et médias locaux figurent systématiquement en tête.



À retenir : il n’existe pas de modèle universel. La répartition Owned / Earned dépend du secteur et de la phase du parcours. Un audit GEO préalable est indispensable.


Exemple de cas client : deuxiemeavis.fr

La plateforme bénéficie d’une stratégie RP constante, avec 60 à 80 retombées presse par an depuis 2018. Résultats mesurés en 2026 :

  • 51,7 % de taux de détection sur des prompts génériques
  • 20,5 % sur des requêtes liées à 800 pathologies
  • +82 % de trafic marque entre 2023 et 2026

Les performances varient fortement selon les LLM, rappelant que la visibilité GEO est un portefeuille à piloter, pas un indicateur unique.



2. Personas : les données réelles surpassent l’IA

Deuxième enseignement, contre‑intuitif : construire ses personas uniquement avec l’IA est une erreur.

Les meilleurs résultats proviennent de personas construits à partir de données propriétaires : CRM, centres d’appels, interviews terrain, historique de chiffre d’affaires.

L’IA peut compléter, mais elle ne remplace pas la connaissance client réelle.



3. Contenu exclusif : un avantage décisif

Les marques qui produisent des données originales (études, sondages, baromètres) prennent un avantage durable dans les réponses IA.

Le cas SOFIAP l’illustre : forte présence dans les sources de ChatGPT grâce à un contenu propriétaire dense et des données inédites, avec à la clé une hausse marquée des requêtes marque et des partenariats business.



4. Technique : des fondamentaux devenus éliminatoires

En GEO, la technique ne fait pas la différence, mais son absence pénalise lourdement :

  • Temps de chargement : au‑delà de 2 s, la page est souvent ignorée.
  • JavaScript : les contenus rendus uniquement côté client sont fréquemment invisibles.
  • Structure sémantique et données structurées : prérequis absolus.



Un cas client montre qu’une FAQ 100 % en JavaScript n’obtient… aucune citation IA, contrairement à des contenus HTML accessibles.



5. Langue : avantage à l’anglais, avec nuances

ChatGPT favorise structurellement les sources anglophones, surtout sur les requêtes informationnelles.
En revanche, pour les requêtes locales ou transactionnelles, les contenus francophones dominent très nettement.

Conclusion : la stratégie linguistique doit être tactique, pas idéologique.



6. Local : le Store Locator, actif GEO sous‑estimé

Pour les réseaux physiques, les pages locales et Store Locators sont des leviers majeurs.

Dans l’automobile, par exemple, ils dominent les réponses sur les requêtes de proximité, avec des taux de détection supérieurs à 50 %.



Piloter le GEO : méthode et nouveaux KPIs

Le GEO ne s’improvise pas. Un audit structuré repose sur :

  1. La sélection des thématiques stratégiques
  2. Un audit de visibilité IA et technique
  3. Des personas fondés sur données propriétaires
  4. Une cartographie des contenus existants
  5. Un plan d’action coordonné (technique, éditorial, RP)


Côté pilotage, deux indicateurs s’imposent :

  • Share of Voice IA : fréquence de citation vs concurrents
  • Share of Model : probabilité d’association spontanée à une expertise

Ils complètent la notion clé de saillance de marque, centrale dans les décisions d’achat à l’ère des réponses sans clic.



Ce que les CMO doivent faire maintenant

L’IA générative façonne déjà les préférences de vos prospects, souvent avant toute visite sur votre site.

Les priorités sont claires :

  1. Travailler ses thématiques et ses personas à partir de données réelles
  2. Réaliser un audit GEO avant toute action
  3. Aligner équipes et canaux autour d’un discours cohérent, pensé pour les LLM

Le GEO n’est pas un outil. C’est une nouvelle logique de marque…