/

29 milliards d’euros pour le e-commerce au 1er trimestre

Les ventes en ligne ont encore progressé de 15% selon les derniers chiffres de la Fevad, une croissance qui aura surtout profité aux enseignes physiques...



Dans le cadre de la publication de son baromètre trimestriel, la Fevad présente aujourd’hui les résultats des ventes sur internet pour le 1er trimestre 2021 ainsi que les premières tendances du mois d’avril et l’impact d’un an de crise sanitaire sur le marché.


Cette étude repose à la fois sur les informations recueillies directement auprès d’un panel de sites leaders et sur le montant agrégé des transactions enregistrées par les principales sociétés prestataires de paiement pour le compte de près de 200 000 sites e-commerce.



E-commerce : les chiffres clés du 1er trimestre 2021


Au 1er trimestre, le e-commerce (produits et services) a enregistré une croissance élevée avec +14,8% par rapport aux mêmes mois de 2020.

La croissance de ce 1er trimestre 2021 est tirée essentiellement par la vente de produits, avec +30%, alors que la vente de services affiche +1% par rapport au 1er trimestre 2020, lequel s’affichait déjà en recul.

Sur l’ensemble du trimestre, le chiffre d’affaires du secteur du e-commerce atteint 29,1 milliards d’euros soit près de 4 milliards de plus que l’an dernier.


Le nombre de transactions s’élève quant à lui à 499 millions contre 424 millions au 1er trimestre 2020, en hausse de 17,8%.

Le montant moyen de la transaction, après 3 trimestres consécutifs de hausse, repart à la baisse de 2,5%. Alors que le panier global s’élevait à 60 euros au 1er trimestre 2020, il redescend à 58 euros sur ce même trimestre en 2021.

Stable sur le panier moyen des ventes de produits, il est en baisse de 5% sur le panier moyen de ventes de services.



Sur le 1er trimestre 2021, 823 euros ont été dépensés par acheteur contre 761 euros au 1er trimestre 2020.

Cette baisse du panier est compensée par l’augmentation du nombre de transactions et l’arrivée de plus d’un million de nouveaux cyberacheteurs (Source : Médiamétrie).

L’indicateur trimestriel de la création de nouveaux sites affiche une croissance de +12% soit 18 000 sites supplémentaires par rapport à l’an dernier.


Le e-commerce au secours des magasins physiques


La vente de produits sur internet a continué de jouer un rôle d’amortisseur économique pour les commerces physiques et les TPE et PME :


Suite aux nouvelles mesures de restrictions mises en place à partir de février, les ventes en ligne des enseignes magasins ont à nouveau enregistré de fortes hausses, avec un pic de ventes en avril de +28% vs avril 2020 et +163% vs avril 2019.

Sur les 12 derniers mois, les ventes internet des commerces physiques ont progressé plus rapidement que la moyenne du marché et que celle des sites pure-players.

Les places de marché ont continué à fournir un débouché complémentaire pour de nombreuses TPE/PME et limiter ainsi le recul de leurs ventes.

En moyenne sur les trois premiers mois de l’année, les places de marché ont progressé de +44%, une croissance qui, pour la première fois depuis le début de la crise, dépasse celle du marché.


Les nouvelles restrictions ont eu un impact dès le mois de février


Les ventes de produits grand public du panel iCE 100 de la Fevad restent très dynamiques avec une croissance supérieure à +30% par rapport au 1er trimestre 2020.

Le mois de février enregistre la plus forte accélération sur le trimestre, en raison des premières mesures de restriction sur les commerces de plus de 20 000 m2 mais également du décalage de la date des soldes d’hiver sur février.

La tendance s’est confirmée au mois de mars avec une croissance de +30%. Comme lors des précédentes fermetures de magasins, le e-commerce a pris le relais en permettant à la clientèle de se reporter sur les sites internet des magasins fermés.

Dans le même temps, les ventes B-to-B ont augmenté de 21% sur ce trimestre. On notera cependant que la référence du même trimestre de 2020 était relativement basse (+4,5%) en raison de la conjoncture et des prémices de la crise sanitaire.

Enfin, le secteur du e-tourisme, quant à lui, est toujours durement affecté par la crise et affiche un recul de 49%, dans la tendance des précédents trimestres.


Les places de marché enregistrent leur meilleure performance depuis le début de la crise 


Les ventes réalisées via les places de marché ont accéléré au 1er trimestre (+44%) et affichent un rythme de croissance qui dépasse celui des ventes en propre des sites du panel (+32%).

Par rapport à l’an dernier, le poids des ventes sur les places de marché dans le total des ventes de l’iCE 100 Produits progresse d’un point (15,5% vs 14,5% sur T1 2020).

Les ventes globales sur mobiles (produits et services) sont toujours freinées par la dégradation des ventes de voyage : +17% alors que la référence du 1er trimestre 2020 était déjà fortement freinée par la crise sanitaire (-0,5%).

Cependant, cela n’affecte pas la croissance des ventes de produits sur mobile qui est de +33% dans la même tendance que les trimestres précédents.


Nouvelle accélération au mois d’avril


Alors que pour la 3ème fois l’ensemble du territoire était confiné et les commerces « non essentiels » fermés à partir du 3 avril, l’activité e-commerce a de nouveau accéléré et ce dès la première semaine du confinement.

Ainsi, selon les premières tendances mesurées par la Fevad, les ventes en ligne de produits ont bondi de 45% lors de la 1ère semaine d’avril par rapport à la 1ère semaine d’avril 2020 puis, au fil des semaines, le niveau des ventes s’est rapproché du niveau élevé d’avril 2020.

Cette hausse s’est ensuite fléchie en mai à l’approche de la réouverture des magasins. Ainsi, sur l’ensemble du mois d’avril, le niveau d’activité a augmenté de 17% vs avril 2020, période au cours de laquelle le marché avait lui-même fortement progressé en raison du 1er confinement.  Comparé à avril 2019, cela représente une hausse des ventes +71%.

Une nouvelle fois, les enseignes magasins ont réussi à transférer une partie de leurs ventes sur internet puisque celles-ci augmentent de 28% par rapport à avril 2020 et de 163% par rapport à avril 2019, permettant ainsi d’amortir les effets économiques des mesures de confinement, tout en offrant aux Français la possibilité de continuer de consommer dans le respect des mesures de restrictions imposées par la situation sanitaire.

Sur les 12 derniers mois de crise, le chiffre d’affaires des sites des enseignes traditionnelles du Panel iCE 100 a progressé de 66%, soit une croissance deux fois supérieure à celle de la moyenne du marché et trois fois supérieure à celle des sites pure-players : 18%.

A noter qu’avant la pandémie, leurs croissances étaient identiques…