L’IA française accélère sa mue. La 6e édition de la Cartographie Hub France IA, recense cette année 972 fournisseurs d’intelligence artificielle actifs en France — soit 60 % de plus qu’en 2025.
Parmi eux, 253 acteurs ont renseigné leur positionnement technologique, et plus d’un sur deux (54 %) développe ses propres modèles ou technologies deeptech.
Un signal fort qui témoigne de l’entrée de l’IA française dans l’ère industrielle…
L’IA française ne consomme plus : elle produit
Sur une base de 253 entreprises IA ayant renseigné leur positionnement technologique, 54 % déclarent développer leurs propres modèles ou technologies deeptech propriétaires. Les 46% restantes optimisent et adaptent des briques existantes.
L’écosystème français se veut présent sur l’intégralité de la chaîne de valeur, de la conception à l’industrialisation, témoignage d’une maturité technologique en train de se consolider.
Souveraineté : une réalité composite
Parmi ces mêmes acteurs, une sur deux se déclare majoritairement souveraine ou indépendante technologiquement. 46 % adoptent une stratégie hybride, combinant solutions françaises, européennes et extra-européennes selon leurs besoins opérationnels.
La Cartographie 2026 le documente : derrière le mot « souveraineté » coexistent des réalités très hétérogènes.
Elle repose sur une architecture à plusieurs niveaux : développement propriétaire deeptech, fine-tuning de modèles ouverts, intégration maîtrisée de solutions tierces, dont la combinaison constitue précisément la force de l’écosystème français.
Des signaux économiques qui confirment le passage à l’échelle
L’expansion est également lisible dans les données financières.
Sur l’ensemble des 972 fournisseurs IA recensés, les acteurs du secteur ont levé plus d’un milliard d’euros depuis 2024, témoignant d’une confiance croissante des investisseurs.
Les prévisions 2026 prolongent cette trajectoire : 220 millions d’euros de levées supplémentaires sont anticipés sur l’année en cours.
Côté emploi, 65 % des nouvelles startups recensées prévoient de renforcer leurs effectifs en 2026.
Avec une moyenne de 2 à 5 recrutements par structure, ce sont près de 3 000 postes qui devraient être créés, dont plus de 50 % en Île-de-France.
Un tissu entrepreneurial structuré, ancré sur tout le territoire
Avec un âge médian de sept ans et une majorité de structures créées après 2018, les entreprises françaises d’IA sont entrées dans une phase d’industrialisation.
Ce tissu, constitué à plus de 90 % d’entreprises de moins de 50 salariés, est fortement orienté B2B et cible des secteurs stratégiques : santé, finance, industrie.
La géographie de cet écosystème révèle une complémentarité structurante :
- l’Île-de-France, qui concentre 60 % des acteurs, s’affirme comme le cœur des solutions SaaS et transversales,
- tandis que les régions : Occitanie, Auvergne-Rhône-Alpes, Pays de la Loire en tête, s’imposent comme les moteurs de la verticalisation industrielle, notamment sur la santé, l’énergie et la deeptech de terrain.
« La souveraineté technologique ne se décrète pas, elle se construit. Notre Cartographie en apporte la preuve chiffrée : la France produit désormais une IA de classe mondiale.
conclut Caroline Chopinaud, Directrice Générale du Hub France IA
L’urgence est maintenant de lui donner les moyens de grandir — en structurant les financements, en accompagnant les scale-up jusqu’à leur pleine maturité et en accélérant le déploiement pour que ces innovations deviennent des champions industriels. »
Méthodologie
Lancée en 2020, la Cartographie Hub France IA en est à sa 6e édition. Le panel total porte sur 972 entreprises françaises actives dans l’intelligence artificielle, analysées sur la base de leur profil économique (chiffre d’affaires, effectifs, levées de fonds, part internationale), de leur positionnement sectoriel et de leurs pratiques environnementales. Les données relatives au positionnement technologique et au niveau de souveraineté sont issues d’un sous-échantillon de 253 entreprises ayant renseigné ces indicateurs spécifiques en 2026. Les données relatives aux prévisions de recrutement sont issues d’un sous-échantillon de 428 startups interrogées sur leurs intentions d’embauche pour 2026.

