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L’IA est partout, mais sa rentabilité reste à prouver

L’IA s’impose dans le marketing, beaucoup moins auprès des consommateurs

L’IA est partout, mais sa rentabilité reste à prouver

Si 95 % des grandes entreprises mondiales ont déployé une stratégie IA, seules 8 % parviennent aujourd’hui à en mesurer précisément le retour sur investissement.


Selon la première édition de l’AI Pulse Survey publiée par KPMG France, l’intelligence artificielle est désormais entrée dans une phase de généralisation au sein des grandes organisations. Mais si les stratégies IA se multiplient et que les investissements accélèrent, la capacité à mesurer concrètement la valeur créée reste encore limitée.

L’étude, menée auprès de 2 110 dirigeants dans 20 pays, révèle que 95 % des entreprises disposent aujourd’hui d’une stratégie IA.

Près des deux tiers (64 %) affirment déjà en tirer des bénéfices tangibles, pourtant, seules 8 % sont capables de mesurer précisément leur retour sur investissement…



IA : des investissements massifs à l’échelle mondiale

L’IA s’impose désormais comme un poste d’investissement stratégique.

Les entreprises interrogées prévoient en moyenne d’engager 186 millions de dollars sur les douze prochains mois. La région Asie-Pacifique affiche les montants les plus élevés avec 245 millions de dollars d’investissements prévus, devant les Amériques (178 millions) et la zone EMEA (157 millions).

Au-delà de l’expérimentation, les organisations cherchent désormais à intégrer l’IA dans leurs opérations à grande échelle.

L’étude montre ainsi que 39 % des entreprises explorent ou pilotent actuellement des agents IA, tandis que 32 % les déploient déjà à l’échelle de l’organisation. Plus d’un quart des répondants (26 %) indiquent même orchestrer plusieurs agents IA dans des workflows coordonnés.



En France, une approche plus prudente et structurée

Les entreprises françaises se distinguent par une trajectoire plus méthodique, centrée avant tout sur la consolidation des infrastructures technologiques et des dispositifs de gouvernance.

Les priorités d’investissement se concentrent ainsi sur l’infrastructure IT et cloud (58 %), la cybersécurité et la protection des données (53 %), puis les opérations (50 %).

Une stratégie qui reflète la volonté de sécuriser les fondations avant d’accélérer les déploiements.

Cette prudence s’explique notamment par une forte sensibilité aux enjeux réglementaires et de cybersécurité.

Si 70 % des organisations françaises se disent confiantes dans leur capacité à gérer les risques liés à l’IA — contre 65 % au niveau mondial — elles restent particulièrement vigilantes sur les sujets de conformité.

Ainsi, 52 % pourraient revoir à la baisse leurs investissements IA en raison des risques liés aux données et à la cybersécurité.

Les craintes réglementaires apparaissent également plus fortes en France : 45 % des entreprises les considèrent comme un frein au déploiement de l’IA agentique, soit 15 points de plus que la moyenne mondiale.



Une IA encore largement orientée productivité

En France, les cas d’usage IA restent majoritairement concentrés sur l’efficacité opérationnelle : automatisation, optimisation des processus, gains de productivité et réduction des coûts.

Les usages analytiques et décisionnels demeurent moins développés. Seules 27 % des organisations françaises les considèrent comme prioritaires, contre 41 % à l’échelle mondiale.

Cette approche pragmatique se retrouve également dans la difficulté à mesurer les impacts indirects des projets IA. Une entreprise française sur deux indique rencontrer des difficultés pour évaluer précisément les bénéfices générés.

Pour autant, l’innovation progresse dans les priorités stratégiques. Plus d’un tiers des entreprises françaises (36 %) considèrent désormais l’IA comme un levier de transformation et d’innovation, contre 27 % au niveau mondial.



Le principal défi : passer à l’échelle

L’étude souligne que la prochaine étape de maturité ne sera plus technologique mais organisationnelle. Les entreprises doivent désormais transformer des projets pilotes souvent isolés en dispositifs intégrés, gouvernés et capables de produire de la valeur durable.

En France, les principaux freins identifiés concernent la complexité du passage à l’échelle dans les métiers (39 %), le manque de compétences techniques (38 %) et les difficultés d’intégration avec les systèmes existants (36 %).

La montée en compétences apparaît ainsi comme un enjeu central. Près de la moitié des entreprises françaises (45 %) considèrent le manque de formation comme un frein majeur à l’adoption de l’IA, contre 37 % au niveau international.


« Les organisations françaises et internationales disposent aujourd’hui de fondations solides pour faire de l’IA un véritable levier de création de valeur à grande échelle.

Le défi n’est plus d’expérimenter, mais de transformer ces bases en modèles intégrés, capables de générer de la performance durable, tout en tenant compte des spécificités locales en matière de régulation et de protection des données. » 

Damien Allo, Associé, Membre du Directoire, Responsable du métier Conseil et de la stratégie IA chez KPMG France



Une maturité encore en construction

Cette première édition de l’AI Pulse Survey met en évidence un paradoxe désormais récurrent dans les stratégies IA : les investissements et les ambitions progressent rapidement, mais la mesure de la valeur reste encore immature.

Les entreprises semblent ainsi entrer dans une nouvelle phase de maturité où la différenciation ne reposera plus uniquement sur l’adoption des outils, mais sur la capacité à industrialiser les usages, structurer la gouvernance et démontrer un impact business mesurable.







Méthodologie

Enquête trimestrielle internationale AI Pulse Survey de KPMG, menée en ligne du 19 février au 17 mars 2026 auprès de 2 110 dirigeants et membres de comités exécutifs d’organisations réalisant au moins 100 millions de dollars de chiffre d’affaires annuel, répartis dans 20 pays et 8 secteurs d’activité.