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Les marketplaces européennes, eldorado inexploité des marques françaises


Le marché européen du e-commerce transfrontalier atteint 358,7 milliards d’euros, dont 70 % générés via les marketplaces. C’est le constat que dresse Cross-Border Commerce Europe dans son dernier rapport annuel[1]

Trop de marques françaises se cantonnent pourtant à une seule marketplace. Rester sur un seul canal, c’est potentiellement laisser 30 à 50 % de son potentiel de parts de marché inexploité.



Par Martin Gentil, Co-Managing Director d'eTAIL agency




L’Europe comme relais de croissance

Maîtriser une première marketplace est souvent le point de départ d’une présence sérieuse. Mais l’e-commerce européen n’est pas dominé par un seul acteur. C’est un archipel.

Chaque pays a ses marketplaces dominantes, ses catégories phares, ses comportements d’achat.

Kaufland en Europe centrale, Bol.com au Benelux, Leroy Merlin sur le bricolage, Zalando sur la mode : la liste est longue, et le paysage fragmenté à la fois géographiquement et par secteur. Sur la plupart de ces marchés, les marques françaises sont encore rares.



L’international n’est pas réservé aux grands groupes

En 9 ans d’existence, c’est LE constat que nous faisons, et c’est encore l’idée reçue la plus tenace.

Les marques qui réussissent leur expansion européenne ne sont pas les plus grandes ni les mieux dotées en ressources. Ce sont celles qui traitent l’international comme un vrai projet de développement commercial : avec un périmètre défini, des ressources dimensionnées, et une logique de progression dans le temps.

Concrètement, cela signifie choisir deux ou trois marketplaces cohérentes avec sa catégorie et ses marges, plutôt que de vouloir être partout.

Ce choix n’est pas intuitif. Une marque de soin du corps n’a pas les mêmes interlocuteurs qu’une marque d’électronique grand public. Identifier la bonne porte d’entrée géographique et sectorielle, c’est souvent ce qui distingue un lancement qui prend d’un lancement qui stagne.



La complexité opérationnelle est surestimée, la complexité commerciale pas assez

Les outils de gestion multi-canaux (comme ChannelEngine par exemple) permettent aujourd’hui de synchroniser catalogues, stocks et commandes sur plusieurs marketplaces depuis une interface unique. La logistique cross-border s’est considérablement professionnalisée.

Ce que la technologie ne résout pas, en revanche, c’est la qualité du contenu produit adapté aux standards locaux, la politique tarifaire cohérente sur chaque marché, ou la maîtrise du retail media propre à chaque marketplace.

Les marques qui sous-estiment ces dimensions se retrouvent avec un compte vendeur techniquement actif mais commercialement inerte. Elles ont raté leur lancement. Pas leur marché.



2026, le bon moment pour prendre de l’avance

Les grandes marketplaces européennes déploient des dispositifs pour faciliter l’entrée de nouveaux vendeurs étrangers.

Ces conditions ne dureront pas : à mesure que les marchés mûrissent, les critères d’accès se resserrent et les premières positions se stabilisent.

Pour les marques françaises, la question n’est plus de savoir si l’expansion européenne est possible. Elle l’est. La question est de savoir combien de temps elles peuvent encore se permettre d’attendre…







[1] “Sixth Edition of the “TOP 100 Cross-Border Marketplaces Europe” Report: European Cross-Border E-Commerce Reaches New Heights“, Octobre 2025