Si la transformation numérique des entreprises reste globalement perçue de façon positive par les salariés, l’enthousiasme des débuts n’est clairement plus de mise…



Pour la quatrième année consécutive, Julhiet Sterwen collabore avec l’IFOP pour mesurer comment les collaborateurs et managers des entreprises de plus de 500 salariés perçoivent la transformation digitale.

Ce baromètre retranscrit leurs ressentis autour des 3 axes suivants : management, organisation et, outils.


La perception de la transformation digitale : de plus en plus nuancée.

La transformation digitale est toujours perçue comme bénéfique pour l’entreprise par une majorité des répondants, mais ils sont de moins en moins nombreux à le penser : s’ils étaient 74% en 2018, ils ne sont aujourd’hui plus que 68%.

L’écart est encore plus important sur la perception de l’impact de la transformation digitale sur eux-mêmes, passant de 68% à 62%.

Cela est moins vrai du côté des managers. Ceux-ci perçoivent en effet plus positivement un certain nombre d’impacts. Ils sont par exemple plus nombreux à penser pouvoir s’organiser plus librement, et à pouvoir mieux équilibrer vie professionnelle et vie privée.   

Plus globalement, 60% des répondants estiment la transformation digitale bénéfique pour l’économie, mais seuls 38% d’entre eux l’estiment bénéfiques pour l’emploi.


Collaborateurs et digital, la fin de l’enchantement ?

La transformation digitale n’est plus considérée comme une « révolution ». Les bénéfices semblent avoir atteint leurs limites.

Ainsi, l’exigence de réactivité posée par le digital reste très forte, pour 71% des répondants.

Au-delà, 70% des répondants estiment avoir besoin de développer de nouvelles compétences. Et ils sont nombreux à ne pas se sentir suffisamment accompagnés sur ce point : 25% de l’ensemble des collaborateurs se sentent abandonnés à eux-mêmes pour acquérir les compétences nécessaires.


Du « command & control » au « manager coach »

Sous l’impulsion du digital, les managers sentent la nécessité de faire évoluer leur posture et leurs pratiques managériales.

63% des managers estiment que leur rôle a évolué avec le numérique, chiffre en forte croissance par rapport aux années précédentes, (5 points par rapport à 2018).

De la même façon, 79 % des managers partagent l’idée que le numérique introduit de nouveaux usages dans la façon de superviser et animer son équipe, soit une augmentation de 5% en comparaison avec 2018

.Pour 62,5% d’entre eux, le digital favorise une posture s’approchant davantage de celle de « coach d’équipe ».

Mais 20% des managers qui pensent devoir devenir des « managers coach » expliquent ne pas savoir ce que cela signifie, contre 15% l’année précédente.

Point de vigilance : 45% des managers ont le sentiment d’avoir moins d’impact et d’influence sur leurs collaborateurs dans leur rôle de supervision et d’animation d’équipe, chiffre en hausse de 7% par rapport à l’année précédente.

Le digital les pousse à sortir du management vertical, sans pour autant leur donner les clés du management horizontal.

Pour Julien Lever, Directeur général adjoint de Julhiet Sterwen :

« Le digital conduit les managers à passer d’une posture « command & control » à « manager coach », de manière volontaire ou subie. Ces nouvelles postures et pratiques créent une relation de travail repensée.

Elles supposent un développement qui dépasse le cadre des compétences traditionnelles du manager et interroge des ressorts plus personnels.

Elles supposent aussi que le manager dépasse les compétences qui lui sont traditionnellement attribuées, pour interroger des ressorts plus personnels : créativité, résolution de problèmes complexes, pensée critique… ».


85% des collaborateurs constatent des changements dans leurs entreprises et 41% ont le sentiment qu’ils s s’intensifient.

Pour autant, les résultats de ces évolutions ne vont pas nécessairement vers plus de simplicité et ne génèrent pas forcément plus de performance. Seuls 13 % des répondants constatent que leur nouvelle organisation comporte moins de niveaux hiérarchiques que la précédente.


« L’expérience collaborateur »

Depuis 4 ans, les outils restent encore les premiers symboles de ces transformations. Les répondants restent mieux équipés en outils informatiques à titre personnel qu’à titre professionnel, et en particulier les non-managers.

Les collaborateurs ne retrouvent pas en entreprise l’enchantement qu’ils vivent en tant que clients.

Si les modes de consommation ont été profondément bouleversés par le digital, le monde du travail attend encore cette révolution des usages.

Ce décalage génère un certain nombre de déceptions, voire de frustrations et de doutes, quant à l’intérêt du digital en entreprise. Le manque d’outil pourrait être un des freins par exemple à la pratique du télétravail.

Concernant les espaces de travail pour une qualité de vie de salarié satisfaisante : la pratique du télétravail est encore très rare, même si en progression en comparaison de 2018, et toujours plus répandue chez les managers.

Parmi les répondants éligibles, soit 38% d’entre eux, peu pratiquent le télétravail, seulement 15%. Par ailleurs, 43 % des répondants ne sont pas satisfaits des open-spaces & des modes de travail en flex-office.

« Dans une transformation digitale, les collaborateurs doivent être traités avec le même soin et la même attention que les clients.

Pour cela, « l’expérience collaborateur », doit être à la hauteur, et en équilibre par rapport à l’expérience client. Les outils doivent être adaptés, bien sûr. Mais, surtout, le collaborateur doit être accompagné.

L’organisation doit évoluer, tout comme les pratiques.  L’outil ne fait pas l’usage, et encore moins la culture. »

note Julien Lever



Le levier de l’environnement ?

Si les collaborateurs ont bien pris conscience de la nécessité de la mise en mouvement organisationnelle de la transformation digitale, ils n’en perçoivent pas nécessairement le sens.

Il y a une véritable sensibilité des salariés à la dimension écologique : l’impact environnemental est un argument fort pour accompagner les collaborateurs dans l’adoption des outils digitaux dans le cadre de leur travail.

Les répondants s’accordent à dire que le digital permet de réduire les déplacements et les impressions papier. Cependant, ils perçoivent le digital comme néfaste à 38% et sans impact à 25%.

En réalité, ils n’ont pas clairement encore perçu les autres possibilités, comme développer les pratiques collaboratives, et utiliser des équipements moins énergivores.

C’est ainsi que 42% des collaborateurs et managers ne sont plutôt ou pas du tout d’accord avec la possibilité que la transformation digitale permette d’utiliser des matériels plus économes en énergie…




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