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L’âge industriel de l’IA commence maintenant

En 2026, l’IA passe le cap du buzz médiatique et s’installe concrètement dans les pratiques des entreprises…

2026 marquera une étape silencieuse mais décisive dans l’adoption de l’IA. Après des années de prototypes et d’effervescence médiatique, la technologie s’installe dans les entreprises sans chercher la lumière.

L’enjeu n’est plus de montrer l’IA, mais de comprendre comment elle redistribue les rôles, transforme les pratiques et modifie la façon dont les équipes collaborent au quotidien. 

Ce basculement ouvre un cycle nouveau, où les entreprises doivent ajuster leurs modes de fonctionnement, revisiter leurs métiers et repenser la place de l’humain dans des environnements de plus en plus automatisés.

2026 ne sera pas l’année des promesses, mais celle des réorganisations concrètes et des questions structurelles.

Les grandes tendances qui se dessinent éclairent ce changement de profondeur et annoncent une transformation aussi culturelle que technique.



Par Jérémy Jeanjean, Global Director Presales Enablement, IFS



2026 : L’IA devient invisible

L’IA sera moins affichée mais plus décisive. Finie l’époque où chaque fonctionnalité devait être “IA-powered”. En 2026, elle s’intègre dans les systèmes métiers et les processus physiques jusqu’à disparaître des radars. Elle optimisera la planification, la maintenance, les stocks ou la sécurité sans être nommée.

Ce basculement marque l’entrée dans une ère industrielle : standardisée, mesurable, orientée valeur. Les entreprises ne se distingueront plus par l’usage de l’IA, mais par l’efficacité avec laquelle elles la font disparaître dans l’exécution.



L’essor des agents autonomes

2026 verra la montée en puissance des IA agentiques à grande échelle. Les agents capables de planifier, décider et agir au sein de systèmes interconnectés deviendront l’ossature de nombreuses opérations. Fini les pilotes isolés, place à des réseaux complets d’agents spécialisés coordonnant achats, logistique, maintenance et planification.

Ces « travailleurs numériques » progresseront grâce au terrain comme à la simulation. Ils promettent des gains majeurs, mais créent aussi de nouveaux défis de sécurité, de gouvernance et d’interopérabilité. Le sujet ne sera pas de remplacer les humains, mais de collaborer avec eux.



Vers une main-d’œuvre hybride

En 2026, le débat sur l’automatisation laissera place à celui sur l’augmentation. Les équipes combineront humains et agents intelligents, chacun sur son terrain. D’un côté, l’IA gérant l’exécution (saisie, reporting, rédaction automatisée).

De l’autre côté, l’humain qui se concentre sur l’arbitrage, la supervision, l’éthique, la stratégie. De nouveaux métiers émergeront comme ceux de chef d’orchestre d’agents, d’auditeur de décisions IA, de designer d’interfaces homme-machine.

Les organisations qui réussiront investiront autant dans les capacités humaines que dans le déploiement de l’IA. La main-d’œuvre de demain ne sera pas mesurée par le nombre de collaborateurs, mais par l’efficacité de la collaboration hybride entre les personnes et les systèmes intelligents.



L’urgence de l’efficacité

Plus l’IA progresse, plus elle consomme. En 2026, la question ne sera plus « que peut faire l’IA ? », mais « à quel coût énergétique et matériel ? ». La prochaine vague d’innovation cherchera donc l’optimisation à savoir « faire mieux avec moins ».

Modèles plus sobres, puces spécialisées, edge computing, architectures écoénergétiques… L’efficacité deviendra le terrain de la compétition, sous contrainte de transparence et de responsabilité. Les gagnants seront ceux qui allieront performance, sobriété et confiance.



La fin du « tout plateforme » au profit des résultats

La bataille des plateformes touche à sa fin. En 2026, les entreprises chercheront moins à posséder l’écosystème complet qu’à orchestrer leurs données et leurs systèmes pour obtenir des résultats tangibles.

Les architectures ouvertes et interopérables remplaceront les écosystèmes fermés. Les entreprises intégreront l’IA dans leur existant — ERP, opérations terrain, logistique — plutôt que de tout reconstruire.

La valeur se déplacera vers la disponibilité, l’efficacité et la résilience. L’IA ne sera plus jugée sur son innovation, mais sur son impact.

2026 ne sera pas l’année du prochain “choc technologique”, mais celle où l’IA deviendra banale et indispensable. Les entreprises qui domineront seront celles qui auront cessé de courir après les effets de mode pour se concentrer sur l’orchestration : humains et machines, systèmes et agents, ambition et exécution.

L’IA ne remplacera pas les logiciels métiers, elle les redéfinira. L’enjeu n’est plus ce qu’est l’IA, mais ce qu’elle permet. Ceux qui l’ont compris ne s’adapteront pas au futur — ils le construiront.