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La révolution IA impacte tous les métiers du digital

Dans le digital, jusqu’à 75% des tâches peuvent déjà être réalisées par l’IA…


La révolution IA s’inscrit déjà dans les organigrammes et dans les plans sociaux. Quand Amazon annonce la suppression d’environ 14 000 postes de bureau en expliquant qu’il faut simplifier les niveaux hiérarchiques, gagner en efficacité et investir massivement dans l’intelligence artificielle, ce sont des métiers qui disparaissent.

Même logique chez Microsoft, HP, Accenture, Nestlé et d’autres, l’IA n’est plus un sujet d’innovation mais devient un argument explicite dédié à la réduction des effectifs, à redéployer les budgets et à redessiner la carte des compétences.

Dans les chiffres, la bascule est déjà là. Près d’un dirigeant sur deux (46%)[1] reconnaît avoir déjà réduit ses effectifs à cause de l’IA quand plus de la moitié prévoit d’employer moins de personnes dans les cinq prochaines années.

C’est précisément dans les métiers du digital que cette recomposition est la plus visible.

Marketing, data, développement, design, produit, contenu, e-commerce, cybersécurité…  l’IA révèle ce qui a de la valeur et pointe du doigt ce qui n’en a plus, mais financé faute de mieux.




Par Mickael Finel et Erwan Herault, cofondateurs de Wold




Dans le digital, jusqu’à 75% des tâches peuvent être réalisées par l’IA

Derrière la diversité des métiers du digital, on observe une dynamique identique et profondément structurante.

L’IA absorbe aujourd’hui une part considérable des tâches d’exécution : rédaction de contenus, segmentation marketing, maquettage, génération de code, analyses préliminaires, premières explorations data.

Dans certains métiers comme le marketing digital, jusqu’à 75 % du travail opérationnel peut être réalisé par des outils comme ChatGPT, Jasper, Copy.ai ou les agents autonomes.

Dans le développement, GitHub Copilot produit du code standardisé plus vite que n’importe quel junior.

Dans le design, des outils comme Relume ou Figma AI génèrent des interfaces complètes en quelques minutes.

Dans la data, l’AutoML permet de construire des modèles prédictifs sans ligne de code.

Même la cybersécurité, pourtant ultra technique, bascule, les IA détectent tout, tout le temps, et noient les équipes sous des milliers de signaux, dont une grande majorité de faux positifs (71%[2]).

La question n’est plus “quel outil installer”, mais “quelle alerte ignorer”. Là encore, la valeur remonte vers l’interprétation, le jugement, la capacité à lier un incident à un enjeu business.

Cette automatisation massive ne supprime pas les métiers, elle en recompose brusquement l’économie interne.

Elle crée d’un côté des fonctions premium, très bien rémunérées, qui combinent technique, stratégie et maîtrise des systèmes IA.

Des profils hybrides, capables de comprendre à la fois la logique métier, la mécanique technologique et les implications organisationnelles.

De l’autre côté, les postes juniors, historiquement alimentés par des tâches d’exécution répétitives, disparaissent peu à peu.

C’est toute la logique d’apprentissage qui se délite, l’IA ne remplace pas les métiers, mais les tremplins qui permettaient de les maîtriser.

L’équation est la même partout, l’IA automatise l’exécution, enrichit les profils hybrides qui savent orchestrer l’intelligence artificielle, fragilise les débuts de carrière et revalorise les compétences humaines les plus difficiles à formaliser : discernement, créativité, empathie, vision, capacité à poser les bonnes questions.

Il est essentiel que les entreprises prennent des dispositions afin de ne pas laisser les collaborateurs subir la transformation, mais leur donner les moyens de la maîtriser.

Cela implique de revoir les méthodes, d’adopter une culture d’apprentissage continu et de documenter ces mutations pour mieux les anticiper.



Si la France veut rester dans la course, elle doit organiser la métamorphose des métiers

Le débat public reste souvent coincé sur le mauvais niveau d’analyse. On continue d’opposer “emplois détruits” et “emplois créés” et de se rassurer en expliquant que l’IA fera disparaître 90 millions de postes mais en créera 170 millions d’autres.

Ce raisonnement macro masque la réalité vécue par les individus et par les organisations.

En France, nous ne manquons ni de talents ni d’appétence, nous manquons de tempo et de lucidité.

Le système éducatif continue de raisonner en filières et en disciplines là où les métiers évoluent en portefeuilles de compétences qui combinent technique, compréhension business, maîtrise des outils IA et soft skills.

Nous sommes convaincus que le débat français s’est trompé de point focal. Pendant que nous concentrons nos efforts sur la taxation éventuelle des gagnants de l’IA ou sur la crainte de “se faire remplacer par ChatGPT”, nous laissons de côté le chantier le plus décisif : l’architecture du travail à l’ère de l’IA.

Ce chantier passera en premier lieu par la reconnaissance des soft skills, la partie la plus robuste de la valeur professionnelle.

Alors que nous générons de l’IA, du contenu, du code, des maquettes et des analyses, ce qui reste profondément humain, c’est la capacité à hiérarchiser, à décider, à assumer, à écouter, à relier des signaux faibles, à construire la confiance.

Tous les métiers du digital convergent vers cette vérité. Les gagnants de l’ère IA ne seront pas ceux qui connaissent l’outil le plus récent, mais ceux qui sauront orchestrer des systèmes intelligents au service d’une vision et d’un projet.



La transformation des métiers est un sujet “économique, social et stratégique

L’intelligence artificielle n’est ni une vague que l’on peut arrêter ni un rouleau compresseur auquel il faudrait se résigner.

La transformation des métiers induite par l’IA n’est pas un sujet technique mais un sujet économique, social et stratégique.

Si l’IA ralentit, si une bulle éclate ou si les promesses se tassent, les organisations qui auront misé sur l’humain seront les seules capables de tenir la distance.

L’intelligence artificielle réinvente le travail. À nous de réinventer les compétences qui permettront de rester à la hauteur. 

La révolution des métiers est en cours. Ce n’est plus un débat théorique. C’est un agenda stratégique…







[1] Enquête Business Leaders Research 2025 Report – LHH Adecco group menée auprès de 20 000 dirigeants dans 13 pays
[2] SecureWorld, « Three Reports Define 2025’s AI Cybersecurity Reality », 2025