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2025, l’année où l’IA a redéfini Internet

Selon le rapport annuel de Cloudfare, la moitié du Web n’est déjà plus humain…


Cloudflare, acteur majeur de la connectivité cloud, a publié son dernier bilan annuel consacré aux tendances globales d’Internet.

Cette édition met en lumière une année de transformation historique : Internet n’aura jamais autant grandi, ni autant changé qu’en 2025.

Avec l’explosion de l’IA, le réseau mondial n’a jamais connu une telle expansion de ses usages, ni une évolution aussi rapide de ses équilibres technologiques et sécuritaires…



Les géants historiques toujours aux commandes

Sans surprise, Google, Meta, Apple et Microsoft demeurent les piliers de l’écosystème numérique mondial.

Ces plateformes structurent toujours l’essentiel des services utilisés quotidiennement, de la recherche en ligne aux environnements de travail collaboratifs, en passant par les réseaux sociaux et les systèmes d’exploitation.

Le rapport souligne toutefois un changement d’ampleur : l’IA générative s’impose désormais comme l’un des principaux moteurs d’usage.

ChatGPT arrive en tête des plateformes d’intelligence artificielle les plus sollicitées, devant Claude, Perplexity et Google Gemini.

Cette démocratisation confirme que l’IA n’est plus un outil émergent mais une brique centrale de l’expérience en ligne.



Un web dominé par les machines

Au-delà des chiffres de croissance, Cloudflare alerte sur une mutation plus profonde : Internet devient un espace de moins en moins humain.

Le trafic lié aux plateformes d’IA a été multiplié par plus de 15 en un an. Parallèlement, près de la moitié du trafic web mondial est désormais générée par des bots.

Un chiffre qui vient faire écho aux résultats d’une autre étude récente selon laquelle près de 50 % des contenus en ligne seraient aujourd’hui générés par une intelligence artificielle


Les États-Unis concentrent à eux seuls 40 % du trafic automatisé mondial, loin devant l’Allemagne (6,5 %) et Singapour (4,1 %).

Les dix premiers pays ou régions totalisent 71 % du trafic bot global. La France ne figure pas dans ce classement, révélant un déséquilibre géographique marqué dans l’automatisation des usages.



Le mobile, premier vecteur de la croissance

Porté par la généralisation des smartphones et l’amélioration des réseaux 4G et 5G, le trafic Internet mondial a progressé de 19 % en un an. Dans 117 pays, plus de la moitié des requêtes adressées au réseau provenaient d’appareils mobiles, un seuil symbolique qui tend à devenir la norme.

Certains territoires affichent une dépendance particulièrement forte au smartphone. Le Soudan concentre 75 % de son trafic sur mobile, juste devant le Malawi (74 %). À l’opposé, Gibraltar se distingue par une configuration atypique : seuls 5,1 % des requêtes y sont issues d’appareils mobiles, un niveau exceptionnellement bas à l’échelle internationale.

Cloudflare rappelle qu’en 2024, une douzaine de pays présentaient encore une part de trafic mobile inférieure à 25 %. L’année 2025 marque donc une accélération décisive vers un Internet d’abord pensé pour le smartphone.



iOS et Android : une fracture géographique persistante

Les appareils iOS génèrent 35 % du trafic mobile mondial, mais leur poids varie fortement selon les régions. Dans plusieurs pays à fort pouvoir d’achat, l’écosystème Apple domine : iOS représente 70 % du trafic mobile à Monaco, 65 % au Danemark, 57 % au Japon et 52 % à Porto Rico.

Dans une large partie du monde, Android reste toutefois ultra-majoritaire. Vingt-sept pays ou régions dépassent les 90 % d’adoption du système de Google, avec un record de 97 % en Papouasie–Nouvelle-Guinée. Ces contrastes illustrent la diversité des marchés et des comportements numériques.



L’Europe brille par ses performances réseau

Sur le terrain des infrastructures, l’Europe se hisse parmi les zones les plus performantes. L’Espagne et la Hongrie franchissent la barre des 300 Mbit/s de débit descendant moyen. La France, aux côtés du Portugal, du Danemark, de la Roumanie et d’autres pays européens, figure dans le Top 10 mondial, confirmant la qualité de ses réseaux fixes.

L’Asie prend l’avantage sur les débits ascendants. La Corée du Sud, Macao, Singapour et le Japon dépassent tous 130 Mbit/s, des niveaux particulièrement adaptés aux nouveaux usages collaboratifs et à la diffusion massive de contenus.


Sécurité : le blocage atteint des sommets

L’explosion du trafic machine s’accompagne d’une pression sécuritaire inédite.

Les attaques DDoS ont atteint des niveaux records et près de 6 % du trafic mondial a dû être bloqué ou atténué par les systèmes de protection de Cloudflare.

Autre enseignement notable : 52 % du trafic humain chiffré utilise déjà des technologies post-quantiques. Une adoption massive qui traduit l’anticipation de l’arrivée des ordinateurs quantiques et la volonté des acteurs du Web de préparer dès aujourd’hui l’après-TLS classique.

Ce contexte résonne avec plusieurs incidents récents touchant de grandes organisations, rappelant que même les infrastructures critiques peuvent être exposées. Pour Cloudflare, la cybersécurité devient plus que jamais un enjeu stratégique de souveraineté et de confiance numérique…