Cognizant vient de publier New Work, New World 2026, une étude consacrée à l’impact de l’intelligence artificielle sur le travail et l’emploi.
Prolongeant un premier rapport paru en 2024, cette analyse montre que la transformation du marché du travail par l’IA s’accélère bien au-delà des projections initiales.
Selon Cognizant, l’IA est désormais en capacité de prendre en charge jusqu’à 4 500 milliards de dollars de tâches de travail aux États-Unis, et pourrait déjà affecter 93 % des emplois, à des degrés variables.
Une dynamique portée par des investissements massifs et une adoption plus rapide que prévue des technologies d’IA dans les entreprises.
L’impact de l’IA sur les métiers est plus fort et plus rapide que prévu
L’étude repose sur une réévaluation de 18 000 tâches et 1 000 métiers issus de la base de données O*NET du marché du travail américain. Elle mesure les « scores d’exposition », indicateurs du potentiel d’assistance ou d’automatisation des emplois par l’IA.
Résultat : le score d’exposition moyen atteint aujourd’hui 39 %, soit 30 % de plus que la prévision initiale pour 2032, avec une progression annuelle désormais estimée à 9 %, contre 2 % auparavant.
Les hausses les plus marquées concernent notamment les métiers juridiques, l’éducation, la santé, ainsi que les fonctions de direction, y compris les postes exécutifs.
Travail intellectuel et travail manuel : des trajectoires contrastées
Contrairement aux idées reçues, les métiers de l’informatique et des mathématiques, longtemps considérés comme les plus exposés, ne figurent plus en tête du classement. Cette évolution suggère que les progrès de l’IA rencontrent certaines limites dans les activités hautement spécialisées.
À l’inverse, l’impact de l’IA s’accélère dans les métiers manuels, notamment dans les transports et la construction, où les scores d’exposition progressent rapidement, signalant une automatisation croissante de certaines tâches opérationnelles.
Un potentiel de productivité immédiat, mais inégalement exploitable
Cognizant estime que la part des tâches non automatisables est passée de 57 % en 2023 à 32 % aujourd’hui, ouvrant un potentiel de productivité immédiat considérable.
Toutefois, cette création de valeur reste hétérogène : plus de 40 % des tâches de management, de finance et d’administration demeurent hors de portée de l’automatisation.
Pour transformer ce potentiel en croissance réelle, Cognizant souligne la nécessité de modèles opérationnels flexibles, capables d’intégrer rapidement de nouvelles capacités d’IA, et d’un investissement soutenu dans la formation et la montée en compétences des salariés.
L’humain, condition clé de la valeur de l’IA
« La promesse de l’IA ne se concrétise pas par la technologie seule », souligne Ravi Kumar S, directeur général de Cognizant.
Selon lui, l’enjeu réside dans l’intégration de l’IA à des contextes métiers spécifiques, le développement de l’intelligence humaine et l’émergence de nouveaux rôles.
Le rapport rappelle que le jugement, la créativité et l’adaptabilité humaines restent indispensables pour exploiter pleinement le potentiel de l’IA.
La valeur future de ces technologies repose moins sur la substitution que sur la complémentarité entre intelligence artificielle et intelligence humaine, permettant aux salariés de se concentrer sur des activités à plus forte valeur ajoutée.
