Si les fake news semblent désormais faire partie de notre quotidien, il ne faut cependant pas minimiser l’impact et les conséquences que celles-ci peuvent entraîner. Mais alors que le digital a amplifié le phénomène, il en sera peut-être aussi le remède par le biais du développement de la blockchain…

 

Dans l’histoire de l’humanité, l’information a eu un rôle prépondérant dans de très nombreux domaines. Son efficacité est avérée notamment dans les domaines où la compétition est féroce et où les projets s’entrechoquent, à l’instar du secteur militaire.

Dans le monde du commerce également, l’information a pris progressivement une importante dimension au point de devenir une arme de guerre aux mains des nations.
La création, la diffusion et la recherche d’informations sont devenues, dans le monde hyper-connecté qu’est le nôtre, les pierres angulaires du système.

Sur les marchés internationaux, si les mathématiques, à travers les probabilités, sont le moyen d’opérer les choix, c’est encore l’information qui détermine les chemins d’exploration des opérations mathématiques. Seulement, une information est soit fausse, soit vraie, et selon que l’on prend une information vraie pour fausse et vice versa, l’impact sur les marchés peut être préjudiciable ou bénéfique.

La relation très compliquée qu’entretient le monde de l’information avec les mathématiques et la finance est exprimée à travers des maximes bien alambiquées telles que “acheter sur des rumeurs, vendre les news” ou “les amateurs veulent avoir raison, les professionnels veulent gagner de l’argent”.  Cette relation a été d’ailleurs formellement énoncée par Claude Shannon dans son livre Théorie mathématique de la communication.

 

Comment une fake news peut-elle manipuler des intelligences artificielles et la finance mondiale ?

En plus de l’information, notre ère étant marquée par l’omniprésence de l’informatique, les marchés se trouvent être contrôlés aussi par des bots (programmes informatiques). L’informatique peut être définie comme la discipline de l’automatisation des tâches par les principes mathématiques ; elle repose donc sur des bots.

Les transactions à haute fréquence, ou trading haute fréquence (THF), en sont une illustration. Contrairement aux transactions effectuées par des humains à partir de plateformes de trading comme la plateforme MT4, les THF sont l’exécution à grande vitesse (en microsecondes) de milliers de transactions financières faites par des algorithmes informatiques.

Irene Aldrigde, auteure de “Trading à haute fréquence : un guide pratique des stratégies algorithmiques et des systèmes de négociation”, explique que ces algorithmes sont programmés pour décider des investissements à conduire sur la base d’une agrégation des informations issues de sources crédibles et très variées.

En avril 2013, une attaque informatique attribuée à l’Armée Syrienne Électronique s’était soldée par le tweet d’une fake news sur le site de l’AP, l’agence de presse américaine. Le tweet faisait état de deux explosions simultanées à la Maison Blanche qui auraient blessé Barack Obama, alors Président des États-Unis.

Cette fausse information a automatiquement provoqué le plongeon des indices boursiers les plus importants au monde. Ainsi le Dow Jones perdait notamment 130 points alors que le S&P500 perdait 0,9%, soit 130 milliards de dollars.

Selon Mme Aldridge, les algorithmes des THF fonctionnent sur la base de mots-clés, et ils auraient opéré de mauvais choix en retrouvant juxtaposés dans une même phrase des mots tels que “explosions”, “Barack Obama” et “Maison blanche”, liés à d’autres signaux de panique.

Il faut dire que l’AP, qui est l’agence de presse américaine dont le compte Twitter a été hacké, est l’une des plus anciennes et des plus réputées agences de presse du monde. En 2013, l’AP totalisait 167 ans de présence et 3 000 journalistes et reporters à travers le monde.

 

La blockchain, le réseau des crypto-monnaies pourrait nous prémunir des fake news

En février 2018, Vitalik Buterin, le cofondateur le plus médiatique de la crypto-monnaie Ethereum, deuxième crypto-monnaie derrière le Bitcoin en termes de market cap (parts de marché), se réjouissait de ce qu’internet « ne peut être facilement censuré » tout en se désolant de ce qu’il puisse toutefois « être entièrement manipulé ».

source – Pixabay

 

Reprenant des travaux menés dès 1992 par des pionniers tels que Cynthia Dwork et Moni Naor et portant sur le risque pour internet de crouler sous les fausses informations, Buterin semble explorer la piste financière.

Il a notamment annoncé son intention d’expérimenter un nouvel internet où un montant en crypto-monnaies serait alloué à tout utilisateur et où des pénalités seraient pratiquées selon le niveau de crédibilité reconnu à l’utilisateur par ses pairs. Le but serait de frapper les mauvais utilisateurs d’internet au porte-monnaie.

Pour cela, Vitalik Buterin compte faire reposer l’architecture de cette nouvelle génération d’internet sur la blockchain, le réseau peer-to-peer qui sous-tend les crypto-monnaies et dont la sécurité est garantie par la cryptographie.

Pour lui, les clés publiques cryptographiques utilisées sont suffisamment sûres pour protéger internet. La blockchain, qui suscite l’engouement de nombreux scientifiques, entreprises et politiques, semble offrir bien plus de possibilités et de sécurité qu’internet qui semble montrer des signes d’essoufflement.

À la lumière de la volonté affichée par Vitalik Buterin, l’un des maîtres à penser de la nouvelle finance numérique, la panacée aux ravages des fake news dans la finance pourrait rapidement venir de sa branche la plus jeune, la monnaie cryptographique…

 

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