L’autonomie croissante de l’intelligence artificielle dans les entreprises ne va pas encore de pair avec une confiance généralisée.
En France, un salarié sur deux déclare ne pas toujours savoir quand faire confiance à l’IA et quand vérifier ses résultats, selon une étude mondiale menée par TeamViewer.
Pour renforcer cette confiance, la transparence apparaît comme un levier déterminant : 67 % des salariés français se disent davantage enclins à faire confiance à un outil lorsqu’il explique ce qu’il fait et pourquoi…
De l’IA autonome mais sous surveillance…
Cette demande de repères ne concerne pas uniquement les usages quotidiens de l’IA. Elle s’étend également à la capacité des systèmes à prendre des décisions et à agir de manière autonome au sein des organisations.
En France, 71 % des salariés se disent ainsi à l’aise avec une IA capable d’agir seule, à une condition : pouvoir intervenir en cas de besoin.
La possibilité de conserver la main apparaît donc comme un élément central de l’acceptabilité des outils autonomes mais les garanties techniques jouent également un rôle important.
Pour 30 % des collaborateurs français, des protections renforcées en matière de sécurité et de confidentialité faciliteraient la délégation à l’IA. 28 % souhaitent aussi pouvoir limiter en amont les ressources et informations auxquelles le système peut accéder.
Pour les entreprises, l’enjeu est donc de dépasser la simple mise à disposition d’outils d’IA. Il s’agit désormais de définir précisément les conditions dans lesquelles ces systèmes peuvent agir seuls, celles qui nécessitent une supervision humaine et les situations dans lesquelles la décision finale doit rester entre les mains d’un collaborateur.
Des managers plus prudents que leurs dirigeants
À l’échelle mondiale, cette exigence de contrôle apparaît particulièrement forte chez les professionnels directement confrontés aux opérations.
Les managers sont ainsi presque deux fois plus nombreux que les dirigeants à souhaiter qu’un humain reste dans la boucle lorsque l’IA résout des incidents informatiques susceptibles d’affecter la sécurité, les données ou les opérations de l’entreprise : 46 % contre 24 %.
Cette différence de perception illustre un enjeu de gouvernance souvent sous-estimé. Plus les collaborateurs sont proches des conséquences opérationnelles d’une décision automatisée, plus leur besoin de supervision semble important.
La sécurité, la confidentialité et les risques constituent d’ailleurs le principal frein à l’adoption de l’IA cité par les décideurs informatiques dans le monde, avec 45 % des réponses.
La sécurité reste le principal point de vigilance
À mesure que les systèmes deviennent capables d’exécuter des tâches sans intervention humaine, les inquiétudes se concentrent logiquement sur leur périmètre d’action.
Dans le monde, près d’un salarié sur trois (30 %) cite les failles de sécurité et les accès non autorisés comme sa principale préoccupation face à une IA autonome.
Cette inquiétude atteint 33 % chez les cadres intermédiaires et supérieurs, contre 23 % chez les membres des comités exécutifs.
La restriction des accès accordés aux outils constitue ainsi un levier important pour favoriser leur adoption. Elle est plébiscitée par 42 % des cadres supérieurs, 37 % des managers et 32 % des dirigeants.
Les attentes varient toutefois fortement selon les secteurs. Près de la moitié des professionnels de l’énergie et des services publics (49 %) souhaitent une intervention humaine lorsque l’IA intervient sur des incidents critiques.
Dans le marketing, les médias et la communication, cette proportion tombe à 28 %…
Qui est responsable en cas d’erreur de l’IA ?
Reste une question particulièrement sensible : celle de la responsabilité.
En France, seuls 47 % des collaborateurs considèrent que celle-ci est clairement établie lorsqu’un système autonome commet une erreur.
Les réponses montrent surtout l’absence de consensus. 25 % des salariés estiment qu’ils devraient personnellement assumer la responsabilité, tandis que 22 % l’attribuent à l’équipe informatique.
Pour 21 %, personne ne devrait être tenu responsable lorsqu’une erreur est commise par un logiciel.
Ce flou constitue un véritable enjeu de gouvernance pour les entreprises.
À mesure que l’IA gagne en autonomie, les organisations doivent clarifier non seulement ce que les systèmes sont autorisés à faire, mais également qui doit répondre de leurs décisions et de leurs erreurs…
Méthodologie
L’étude a été menée par Sapio Research pour TeamViewer en avril et mai 2026 auprès de 4 200 répondants répartis sur neuf marchés, à savoir les États-Unis, le Royaume-Uni, l’Australie, la France, l’Allemagne, l’Italie, le Japon, Singapour et le Brésil. L’échantillon comprend une répartition équilibrée entre managers et employés, tous secteurs et toutes tailles d’entreprises confondus. Le rapport complet est disponible ici.