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9 Français sur 10 sont incapables de détecter une fake news

Une étude révèle que 89 % des Français sont en difficulté face à la désinformation. Ni l’âge, ni le diplôme ne protègent vraiment et l’IA rend la tâche encore plus difficile…


À l’occasion de la Semaine de la presse et des médias, Cision publie les résultats d’une enquête menée par l’Ifop auprès de 2 000 personnes.

Cette enquête s’appuie sur un Quizz Anti Fake News, conçu par le journaliste Thomas Huchon, spécialiste des infox et des théories du complot.

Le verdict est sévère : la grande majorité des Français ne sait pas repérer les fake news. Et l’essor de l’IA n’arrange en rien la situation…



Une vulnérabilité généralisée face aux fake news

Les résultats du quizz laissent peu de place à l’optimisme.

La moyenne nationale s’établit à 5,4 sur 20, avec 89 % des Français qui n’atteignent pas la note de 10, et seulement 1 % qui dépassent 15/20.

Aucun segment de la population — ni les catégories socio-professionnelles, ni les tranches d’âge, ni les sensibilités politiques — n’échappe à cette vulnérabilité généralisée.

« Nous sommes tous de potentielles victimes de ces phénomènes. Personne n’est prémuni par avance », analyse Thomas Huchon. Un constat qui rompt avec l’idée reçue selon laquelle les fake news ne toucheraient que les autres.




Des profils plus ou moins critiques

Si la vulnérabilité est universelle, elle n’est pas uniforme.

Plusieurs variables se révèlent déterminantes :

L’âge et la génération.

Contrairement aux idées reçues, la Gen Z enregistre les résultats les moins mauvais, avec une moyenne entre 6,3 et 6,7/20. À l’inverse, les 65 ans et plus descendent à 4,8/20. Une performance relative qui ne doit toutefois pas masquer un niveau globalement insuffisant pour l’ensemble des générations.


Le niveau d’éducation.

L’écart est particulièrement marqué entre les titulaires d’un diplôme de second ou troisième cycle (7,6/20) et les personnes sans baccalauréat (4,4/20). Les cadres et professions intermédiaires supérieures obtiennent une moyenne de 7,3/20.


Le temps passé sur les réseaux sociaux.

Les personnes y consacrant moins de deux heures par jour affichent une moyenne de 5,6/20, contre 4,9/20 pour celles dépassant cinq heures quotidiennes. L’exposition prolongée aux plateformes sociales semble corrélée à une capacité de discernement réduite.


La géographie.

Les habitants de l’agglomération parisienne obtiennent 6,2/20 en moyenne, devant les villes de province (5,3) et les zones rurales (5,1). Les banlieues aisées d’Île-de-France culminent à 6,5/20.

Les pratiques informationnelles.

Les répondants qui s’informent via internet et la presse quotidienne nationale obtiennent de meilleurs résultats, avec des moyennes respectives de 6,3 et 6/20. La diversification des sources et le recours à des médias établis semblent donc constituer un facteur protecteur.


Les orientations politiques.

Les sympathisants écologistes affichent les meilleurs scores (8,1/20), suivis par ceux de La France insoumise (6,3/20). À l’opposé, les sympathisants du Rassemblement national se situent en bas de classement, avec 4,3/20.



L’IA, nouvel angle mort de l’information

L’étude pointe une difficulté émergente et particulièrement préoccupante : l’identification des contenus générés par intelligence artificielle.

Une question du quiz portant sur la reconnaissance de visages synthétiques a ainsi enregistré 97 % de réponses erronées ou incomplètes.

Un chiffre vertigineux, qui illustre le retard des compétences individuelles face à la sophistication croissante des outils de deepfake et de génération d’images.

Dans un contexte où les modèles d’IA générative se démocratisent à grande vitesse, cette lacune représente un risque systémique autant pour les citoyens que pour les organisations.



400 milliards de dollars : le coût de la désinformation

Au-delà de la dimension sociétale, Cision entend alerter les décideurs sur les conséquences économiques directes de la désinformation.

Le phénomène représenterait un coût mondial estimé à plus de 400 milliards de dollars en 2024, selon les données citées par Cyndie Bettant, cheffe du projet Anti Fake News chez Cision.

Les entreprises sont en première ligne : atteintes à la réputation, faux avis clients, tentatives de fraude, manipulation boursière ou simple perte de confiance des consommateurs — les vecteurs d’impact sont nombreux.

Pour Cision, l’enjeu est donc aussi opérationnel : former les collaborateurs et les dirigeants à détecter et à traiter la désinformation relève désormais de la gestion des risques.



Développer une culture du fact-checking

À quelques jours de la Semaine de la presse et des médias organisée par le CLEMI, ces résultats prennent une résonance particulière.

Ils soulignent l’écart persistant entre l’exposition croissante à l’information et la capacité réelle à l’évaluer — un écart qui se creuse à mesure que les outils de désinformation gagnent en sophistication.

« Ce que montre ce sondage, c’est que lutter contre la désinformation, ça s’apprend, et qu’on devrait tous s’y mettre », résume Thomas Huchon. Cyndie Bettant abonde dans ce sens, évoquant une « urgence à élever les barrières de l’esprit critique ».


Pour Cision, la réponse passe par un effort collectif : sensibilisation, formation et développement d’une véritable culture du fact-checking, aussi bien dans la sphère publique que dans l’entreprise.

Dans un écosystème médiatique en recomposition permanente, l’esprit critique n’est plus une option — c’est une compétence stratégique.






Source : Étude Ifop pour Cision, réalisée auprès de 2 000 personnes représentatives de la population française. Quiz Anti Fake News conçu par Thomas Huchon.