Ogury, une entreprise technologique spécialisée dans le marketing mobile, a conduit une étude auprès de 287 571 consommateurs à travers le monde pour comprendre leur comportement à l’égard du marketing mobile, de la publicité et du partage des données.

Publiés à l’occasion du premier anniversaire du RGPD, les résultats de cette enquête révèlent que les consommateurs sont toujours mal informés quant à la façon dont leurs données sont recueillies, stockées et utilisées


Le RGPD a encore besoin de pédagogie

Lorsqu’on leur demande s’ils ont l’impression de mieux comprendre la façon dont les entreprises utilisent leurs données depuis l’entrée en vigueur du RGPD, une grande partie des sondés, soit 55% des répondants à travers le monde, répondent ” non “.

Qui plus est, leur connaissance du RGPD lui-même reste très faible.


En France, 33 % des personnes interrogées déclarent ne pas mieux comprendre l’utilisation faite de leurs données depuis l’entrée en vigueur de la loi.

47 % disent même « ne pas savoir ce qu’est le RGPD ». Ce chiffre descend à 39 % en moyenne pour l’ensemble des répondants européens, une proportion qui demeure étonnamment élevée plus d’un an après l’entrée en vigueur de la loi dans les Etats membres de l’Union européenne.

L’application du RGPD n’a pas été suffisamment prise au sérieux par les organisations », regrette JeanCanzoneri, co-fondateur et CEO d’Ogury.

« Ces chiffres doivent sembler décourageants pour les régulateurs, qui auraient sans nul doute espéré une meilleure compréhension de la part des consommateurs, que le RGPD est justement censé protéger.

Mais les spécialistes du marketing doivent prendre en considération les enseignements de cette étude : le message n’est clairement pas bien passé. Il revient d’abord aux entreprises de maîtriser le RGPD, puis de sensibiliser les consommateurs à l’importance du partage des données.

Cette pédagogie va devenir de plus en plus clé, et ce partout dans le monde, notamment aux Etats-Unis avec l’entrée en vigueur le 1er janvier 2020 du California Consumer Protection Act (CCPA). »

Les entreprises en partie fautives


L’étude révèle que les entreprises n’ont pas mis en place les moyens nécessaires à l’obtention du consentement explicite et éclairé de l’utilisateur pour collecter et utiliser ses données.

TLDR : too long, didn’t read…

En moyenne en France, 77 % des consommateurs ne lisent pas les formulaires de consentement dans leur entièreté.

De plus, près de la moitié des consommateurs (52 % à l’échelle mondiale) ont répondu que, même lorsqu’ils lisent les formulaires de consentement et les politiques de confidentialité, ils ne comprennent toujours pas comment leurs données sont utilisées.

Contre toute attente, ce taux est encore plus élevé dans les pays où le RGPD est mis en œuvre depuis un an, puisque 58 % des sondés européens ne comprennent pas mieux comment les entreprises utilisent leurs données en lisant les informations de collecte du consentement.

Pour Raphael Rodier, Chief Revenue Officer d’Ogury, « Le secteur du marketing a absolument besoin de regagner la confiance des consommateurs, en obtenant leur consentement explicite et en leur accordant un choix clair et juste.

Cela passe avant tout par des formulaires de consentement rédigés et affichés de manière claire et parfaitement compréhensible. C’est la condition indispensable d’un consentement recueilli honnêtement. »

Il poursuit : « Les entreprises ont l’opportunité à la fois de rassurer les consommateurs quant au respect de leur vie privée et d’accroître leur engagement à l’égard du marketing mobile.

Pour cela ils doivent s’engager à leur offrir un choix explicite, éclairé et sans ambiguïté, de l’opt-in aux publicités personnalisées à l’exercice de leur droit à l’oubli.

Malheureusement, au cours de l’année passée, les organisations n’ont pas pris le RGPD au sérieux, ce qui présage de plus grandes préoccupations côté utilisateurs, mais aussi de futurs scandales et sanctions pour les entreprises.

Les récents exemples de mises en demeure publiques en France l’ont démontré. »


Données contre contenus

D’après l’enquête, quand on leur propose un choix explicite, 71 % des répondants dans le monde préfèrent partager les données issues de leur navigation sur sites et applications mobiles et leurs coordonnées plutôt que de payer pour accéder à un contenu en ligne.


Raphael Rodier précise : « Le fait que 71 % des mobinautes dans le monde se déclarent prêts à partager leurs données – à condition de savoir exactement quelles données sont collectées et comment elles seront utilisées – prouve que les consommateurs veulent préserver un Internet gratuit, tant que l’échange est équitable et respecté…



A propos de l’enquête

Ogury a mené son enquête du 12 au 18 février 2019 aux États-Unis, en Allemagne, en Espagne, en Italie, en France et au Royaume-Uni, rassemblant les réponses de 287 571 utilisateurs mobiles dans le monde. En France, 22 631 personnes ont répondu à cette enquête.


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