Les réseaux sociaux ne se contentent plus d’inspirer les consommateurs : ils deviennent progressivement des points de vente à part entière. C’est l’un des principaux enseignements de la deuxième édition du baromètre du Social Commerce publié par Colissimo, en partenariat avec l’Ifop.
En six mois, la part des Français ayant déjà payé un produit directement sur une plateforme sociale a progressé de 6 points, signe d’une évolution rapide des parcours d’achat.
La tendance est particulièrement marquée chez les moins de 25 ans, dont 39 % déclarent avoir déjà réalisé un achat de cette manière.
Pour les marques, l’enjeu consiste désormais à transformer l’attention générée par les contenus en ventes, sans négliger la confiance ni l’expérience client.
Les réseaux sociaux s’installent dans le parcours d’achat
L’utilisation massive des plateformes sociales favorise cette évolution.
Selon l’étude, 91 % des Français utilisent au moins un réseau social, une proportion qui atteint 100 % chez les moins de 25 ans.
TikTok occupe notamment une place importante auprès des jeunes, se classant au deuxième rang des réseaux sociaux cités par cette catégorie d’âge et en première position chez les 15-17 ans.
Au-delà du divertissement, les plateformes jouent un rôle grandissant dans la préparation des achats.
Parmi les utilisateurs de réseaux sociaux, 52 % déclarent s’en servir pour voir un produit en situation réelle et autant pour se renseigner sur des produits ou des marques qu’ils connaissent déjà.
Près d’un sur deux les utilise également pour découvrir de nouvelles marques ou de nouveaux produits (49 %) et consulter les avis d’autres utilisateurs (49 %).
Chez les moins de 25 ans, plus de huit sur dix mobilisent les réseaux sociaux pour préparer leurs achats. La découverte, les recommandations et les retours d’expérience contribuent ainsi à rapprocher inspiration et décision d’achat.
Cette évolution s’accompagne d’une meilleure connaissance du social commerce. Désormais, 46 % des Français savent qu’il est possible d’acheter un produit et de le payer directement sur un réseau social, contre 37 % fin 2025. Chez les moins de 25 ans, ce taux atteint 78 %.
Promotions et instantanéité déclenchent l’achat
Si le social commerce progresse, plusieurs leviers incitent plus particulièrement les consommateurs à passer à l’acte.
Les promotions ou avantages exclusifs arrivent en tête des déclencheurs cités, à 35 %. La découverte d’un produit inconnu et la simplicité de l’achat, jugé rapide et pratique, arrivent ensuite à égalité avec les vidéos ou stories donnant envie d’essayer un produit, chacun de ces facteurs étant cité par 28 % des répondants.
Le mécanisme est caractéristique de ces nouveaux parcours : un contenu attire l’attention, suscite l’intérêt et peut conduire directement à la transaction, sans nécessairement passer par un site marchand distinct.
Les premiers résultats semblent encourageants pour les marques. Parmi les consommateurs ayant déjà acheté sur un réseau social, 87 % se déclarent satisfaits de leur expérience, contre 82 % lors de la première édition du baromètre. La part des acheteurs « très satisfaits » atteint même 36 %, contre 26 % fin 2025.
L’usage semble aussi s’inscrire dans la durée : deux tiers des acheteurs réalisent au moins un achat par trimestre sur les réseaux sociaux.
Au cours des douze prochains mois, 61 % prévoient de maintenir ou d’augmenter leurs achats sur ces plateformes, dont 16 % envisagent de les augmenter.
La confiance reste le principal point de vigilance
Cette dynamique ne doit toutefois pas masquer les freins qui persistent.
Parmi les Français qui n’achètent pas sur les réseaux sociaux, 56 % évoquent la peur des arnaques. La méfiance envers les vendeurs présents sur ces plateformes concerne 39 % des répondants, tandis que 34 % se montrent réticents à partager leurs informations bancaires.
Les difficultés ne disparaissent pas nécessairement une fois la commande passée. Les délais de livraison trop longs constituent le premier problème rapporté par les acheteurs (33 %).
Viennent ensuite les difficultés à contacter le vendeur (19 %), la mauvaise qualité des produits reçus (17 %) et les articles non conformes (16 %).
Les produits non reçus, les situations assimilées à une arnaque, les problèmes de transaction et les difficultés à effectuer un retour sont chacun cités par 15 % des acheteurs.
Pour Colissimo, la performance du social commerce dépend donc aussi de la qualité de l’exécution après le paiement.
« La confiance est donc plus que jamais au cœur de l’expérience », souligne Jean-Yves Gras, directeur général de Colissimo. Il rappelle que la promesse d’un parcours fluide doit se prolonger jusqu’à la réception du produit, grâce à une livraison fiable, un suivi clair et des retours simples.
Pour les e-commerçants, la logistique devient ainsi une composante essentielle de l’expérience proposée sur les réseaux sociaux. La conversion ne suffit pas : il faut également tenir la promesse faite au consommateur.
L’intelligence artificielle, prochaine étape du commerce intégré
Le baromètre met enfin en évidence l’intérêt croissant pour les parcours d’achat assistés par l’intelligence artificielle.
Parmi les e-acheteurs, 51 % se disent prêts à utiliser un outil capable de rechercher un produit, de comparer les offres et de finaliser un achat jusqu’au paiement directement dans l’interface. Cette proportion monte à 68 % chez les moins de 25 ans.
Comme pour le social commerce, cette ouverture reste conditionnée à la confiance, notamment en matière de paiement et de protection des données personnelles…
Méthodologie :
Le baromètre Colissimo-Ifop 2026 repose sur une enquête en ligne menée du 29 juin au 10 juillet 2026 auprès de 2 180 Français âgés de 15 ans et plus, dont 170 jeunes de 15 à 17 ans et 295 de 18 à 24 ans. Les résultats sont comparés à ceux de la première vague, réalisée en décembre 2025.